Depuis le 1er janvier 2026, le marché français de l’électricité a définitivement tourné la page de l’ARENH. En mettant fin à ce mécanisme de régulation historique, l’ensemble de l’électricité est désormais exposé aux prix de marché, sans filet structurel en amont. Pour les entreprises, ce changement marque une évolution profonde des règles du jeu : la visibilité offerte par un prix nucléaire administré laisse place à une logique plus volatile, étroitement liée aux dynamiques des marchés de gros et aux arbitrages publics.

Dans ce nouveau contexte, la question n’est plus seulement celle du niveau des prix de l’énergie, mais bien celle de leur trajectoire. Électricité, gaz, tarifs réglementés, nouveaux dispositifs de redistribution : quelles tendances se dessinent réellement sur les marchés de l’énergie en 2026, et quels impacts concrets pour les entreprises ?

Fin de l’ARENH : quelle est la tendance sur le marché de l’électricité en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) a disparu définitivement. Ce mécanisme permettait jusqu’ici aux fournisseurs alternatifs d’acheter jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire à un prix administré de 42 €/MWh.

Sa disparition signifie que 100 % de l’électricité est désormais valorisé aux prix de marché, sans volume ni prix régulé en amont. Pour les entreprises, cela met fin à un dispositif qui limitait l’exposition aux marchés de gros. Cela pourrait engendrer une hausse des prix de l’électricité en 2026.

Le nouveau dispositif mis en place, le VNU (Versement Nucléaire Universel) repose sur une logique de redistribution a posteriori, et non plus sur un prix d’accès garanti. Concrètement, EDF vend sa production nucléaire au prix de marché et reverse une partie de ses revenus excédentaires à l’État, lequel applique ensuite une minoration sur les factures finales. Le montant de cette minoration dépend directement des prix de marché observés.

Les entreprises qui ont souscrit à une offre bloc + spot ou une offre indexée sont davantage soumises aux cycles de marché et aux décisions publiques. Le pourcentage indexé sur les marchés fait peser plus de risque sur leur trésorerie.

Pour mieux comprendre et stabiliser leur budget énergie, les entreprises ont tout intérêt à se faire accompagner par un courtier en énergie comme Opéra Energie. En changeant de fournisseur d’électricité, elles peuvent maitriser leur facture d’énergie.

Prix de l’électricité : quelles sont les tendances sur les marché de gros ?

Sur les marchés de gros, les prix de l’électricité en base évoluent en 2026 dans une fourchette nettement inférieure à celle observée en 2022–2023, mais restent au-dessus des standards historiques. L’année 2026 devraient être marquée par davantage de stabilité.

En 2019, les entreprises consommant entre 0,02 et 0,5 GWh d’électricité par an payaient en moyenne 131 €/MWh, contre 50 €/MWh pour celles dont la consommation dépassait 150 GWh. L’écart atteignait alors 81 €/MWh, traduisant une différence significative mais encore relativement contenue avant la crise énergétique.

Au premier semestre 2025, ces écarts se sont fortement creusés. Les entreprises les moins consommatrices font désormais face à un prix moyen de 221 €/MWh, tandis que les très gros consommateurs bénéficient de tarifs autour de 71 €/MWh.

Quelles sont les évolutions sur les tarifs réglementés de vente (TRV) ?

La CRE a proposé une baisse moyenne des Tarifs Réglementés de Vente de l’électricité (TRVE), le Tarif Bleu, au 1ᵉʳ février 2026, avec une variation autour de -0,83 % TTC par rapport aux niveaux précédents. Cette diminution est avant tout structurelle et modérée, reflétant l’évolution des coûts d’approvisionnement et des taxes intégrées dans le calcul des TRVE.

Elle se traduira par une légère baisse pour les entreprises avec un profil C5 dont les contrats sont aux tarifs réglementés ou indexés sur les TRV.

Fiscalité sur l’énergie : une évolution de l’accise sur l’électricité

En 2026, les prix de l’énergie évoluent aussi en fonction de la fiscalité. L’accise sur l’électricité pour les entreprises est en baisse modérée. Cette évolution traduit un ajustement à la baisse des composantes fiscales, mais son impact reste limité sur la facture globale.

Catégories fiscalesTarif en €/MWh
Jusqu’au 31/12/200520262027
Ménages 25,0924,6924,38
Entreprises et assimilées20,9020,4220,04
Tarifs de l’accise sur l’électricité selon la catégorie fiscale

2026 : quelle est la tendance pour les corporates PPA ?

La demande en PPA a explosé en 2022 et 2023 du fait de la crise de l’énergie. Qu’en est-il à l’heure actuelle ?

En 2025, le marché européen des PPA traverse une phase de ralentissement marquée, avec un volume contracté en baisse d’environ 40 % par rapport à 2024. Cette contraction s’explique par la normalisation des prix de l’électricité après la crise énergétique, une plus grande prudence des acheteurs industriels et un accès au financement plus contraint. Les PPA signés restent quasi exclusivement corporate, portés par de grands groupes technologiques, de la distribution ou de l’agroalimentaire, avec une domination persistante du solaire, devant l’éolien .

Pour 2026, la tendance devrait évoluer vers une reprise progressive, mais plus sélective. Les PPA deviendront plus flexibles, intégrant davantage de clauses d’indexation, de partage de risques et de solutions hybrides combinant production renouvelable et stockage. La demande restera forte dans les pays offrant une visibilité réglementaire et des mécanismes de soutien clairs. Les PPA s’affirment ainsi comme un outil stratégique de sécurisation à long terme, plutôt qu’un simple levier opportuniste.

Prix du gaz : quelles sont les tendances sur le marché de l’énergie ?

Le prix repère du gaz en baisse

Le prix repère de vente du gaz naturel, publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), présente un caractère indicatif. Les fournisseurs d’énergie élaborent leurs offres de manière autonome, en fonction de leurs conditions d’approvisionnement, de leurs choix commerciaux et des dispositions contractuelles associées.

Dans ce contexte, la CRE indique une baisse du prix repère. Sur la base des hypothèses actuelles de consommation, celui-ci s’établit en moyenne à 91,67 euros par mégawattheure (MWh) hors taxes, soit 134,80 euros/MWh toutes taxes comprises, tous consommateurs confondus.

Prix ou abonnementCuisson / eau chaude – HTCuisson / eau chaude – TTCChauffage – HTChauffage – TTC
Abonnement (en €/an)109,17147,24240,57343,90
Prix moyen du kWh (en €/kWh)0,094980,132490,069500,10192
Prix du kWh – fourchette basse (en €/kWh)0,091830,128710,062140,09309
Prix du kWh – fourchette haute (en €/kWh)0,101730,140590,084310,11969
Prix repère du gaz

Quid du prix PEG ?

Le Prix PEG du gaz est porté à 35,572 € / MWh en 2025. Comme le montre le graphique ci-dessous, il ne retrouve pas ses niveaux d’avant crise. Que va-t-il en être dans les mois à venir ?

Les prix du gaz vont être soumis à deux nouvelles variables en 2026 :

  • La hausse des CEE (Certificats d’Economies d’Energie) dans le cadre de la P6 entrée. ;
  • l’entrée en vigueur des CPB (Certificats de Production de Biogaz) pour financer la transition énergétique.

Difficile d’estimer de combien sera la hausse moyenne du prix du MWh. D’autant plus que le cours de la molécule de gaz dépend aussi d’événements géopolitiques.

Marché de l’énergie : quelles sont les tendances à plus long terme ?

L’étude intitulée « Futurs énergétiques 2050 » publiée par RTE montre que la France peut atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Cette trajectoire suppose une transformation rapide et profonde du système électrique, mais aussi de l’économie et des modes de vie, afin de faire de l’électricité bas-carbone le pilier énergétique du pays.

Sobriété, efficacité énergétique et électrification des usages

Le rapport souligne le rôle central de l’efficacité énergétique, complétée par des efforts de sobriété, pour respecter les objectifs climatiques. La consommation totale d’énergie recule, tandis que la demande d’électricité progresse fortement pour remplacer les énergies fossiles. La réindustrialisation, fondée sur l’électrification des procédés, accroît les besoins électriques mais réduit l’empreinte carbone nationale.

Un mix électrique à transformer en profondeur

Atteindre la neutralité carbone reste impossible sans un développement massif des énergies renouvelables. Selon RTE, renoncer à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires imposerait un rythme de déploiement du solaire et de l’éolien supérieur à celui observé dans les pays européens les plus dynamiques. À l’inverse, la construction de nouveaux réacteurs apparaît économiquement pertinente, notamment pour maintenir un parc nucléaire d’environ 40 GW en 2050.

Vers davantage de biogaz à l’horizon 2050 ?

À l’horizon 2050, le gaz conserve un rôle stratégique en France, mais sous une forme profondément transformée. Selon l’ADEME, la consommation nationale de gaz reculerait d’environ 20 % par rapport à aujourd’hui, pour se situer entre 276 et 361 TWh, contre 451 TWh en 2019, sous l’effet des gains d’efficacité énergétique et de la baisse des usages fossiles .

Dans le même temps, le gaz deviendrait largement renouvelable. Le potentiel de production de gaz renouvelables injectables atteindrait jusqu’à 460 TWh, soit davantage que les besoins projetés. Cette production reposerait à 40 % sur la pyrogazéification (180 TWh), à 30 % sur la méthanisation (140 TWh) et à 30 % sur le Power-to-Gas (140 TWh), dans un contexte de forte montée en puissance des énergies renouvelables électriques .

Le gaz bas-carbone jouerait ainsi un rôle clé de stockage, de flexibilité et de sécurité d’approvisionnement, permettant à la France d’envisager une quasi-autonomie gazière en 2050. Ces chiffres restent de la prospective et doivent être interprétés avec du recul.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.