Les fiches standardisées CEE, également appelées fiches d’opérations standardisées, encadrent les travaux éligibles au dispositif des certificats d’économies d’énergie. Regroupées dans un catalogue officiel, elles définissent pour chaque opération les conditions techniques à respecter et la quantité d’économies d’énergie valorisable. Utilisées dans l’ensemble des secteurs, résidentiel, tertiaire, industrie, agriculture, transport et réseaux, les fiches CEE constituent aujourd’hui la base de la grande majorité des certificats délivrés. Quelle est la liste officielle en 2026 ? Comment les utiliser ? Comment calculer sa prime ?

Qu’est-ce qu’une fiche standardisée CEE ?

fiches standardisées cee

Les fiches d’opérations standardisées, ou FOST, constituent le socle du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE).


Pour chaque type de travaux éligibles à une prime énergie, elles définissent :

  • la valeur forfaitaire en kWh cumac attribuée à l’opération standardisée CEE.
  • les conditions techniques d’éligibilité ;
  • la méthode de calcul des économies d’énergie ;

Dans le cadre de la loi POPE, ces fiches ont été créées par l’État à partir de 2005 afin d’uniformiser la valorisation des économies d’énergie et de faciliter l’accès aux primes CEE.

Les opérations standardisées CEE permettent ainsi à tous les acteurs (particuliers, entreprises, collectivités ou copropriétés) de financer une partie de leurs travaux d’efficacité énergétique.

Chaque fiche CEE correspond à une opération standardisée, c’est-à-dire une action reproductible, techniquement encadrée et dont le gain énergétique est pré-calculé par la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat) avec l’appui de l’ADEME et de l’ATEE.

En prévision de l’entrée en vigueur de la 6ᵉ période CEE du dispositif (2026–2030), le catalogue de fiches CEE est régulièrement révisé par arrêtés ministériels afin d’intégrer les évolutions technologiques, de supprimer les doublons et de renforcer la fiabilité des économies d’énergie calculées.

Fiches d’opérations standardisées CEE : liste officielle en 2026 par secteur

Les fiches standardisées CEE sont réparties dans six secteurs différents.

La liste officielle des fiches CEE est toujours à jour sur le site écologie.gouv.fr.

Bâtiment tertiaire – BAT

Réparties en 53 fiches les opérations pour le secteur tertiaire permettent d’améliorer les performances du bâti ou des équipements ou process de l’entreprise. On trouve ainsi :

  • BAT-TH-102 : chaudière à haute performance énergétique dans le tertiaire
  • BAT-TH-112 : variation électronique de vitesse sur moteur asynchrone
  • BAT-TH-134 : Régulateur sur un groupe de production de froid
  • BAT-EQ-133 : systèmes hydro-économes

Bâtiment résidentiel – BAR

Les fiches CEE BAR concernent l’ensemble du parc résidentiel, à savoir les logements collectifs comme les copropriétés et les logements individuels. On compte 56 fiches pour les copropriétés parmi lesquelles :

  • BAR-EN-101 – Isolation de combles ou de toitures (54e arrêté) ;
  • BAR-EN-102 – Isolation des murs (39e).
  • BAR-EN-103 – Isolation d’un plancher (39e) ;
  • BAR-TH-127 – Ventilation mécanique contrôlée simple flux hygroréglable (58e) ;
  • BAR-TH-130 – Surperformance énergétique pour un bâtiment neuf (58e) ;
  • BAR-TH-177 pour la rénovation globale d’un bâtiment résidentiel collectif ;
  • BAR-EQ-110 – Luminaire à modules LED avec dispositif de contrôle pour les parties communes (15e) ;
  • BAR-EQ-115 – Dispositif d’affichage et d’interprétation des consommations d’énergie (28e) ;
  • BAR-SE-104 – Réglage des organes d’équilibrage d’une installation de chauffage à eau chaude (19e) ;
  • BAR-SE-105 – Contrat de performance énergétique services (CPE Services) (28e) ;
  • BAR-SE-106 – Service de suivi des consommations d’énergie (32e).

Industrie – IND

Les fiches CEE industrie visent des opérations dédiées à améliorer les process dans le secteur industriel. Elles s’intéressent aux process de production et aux bâtiments. On compte 36 fiches parmi lesquelles :

  • IND-UT-115 : Système de régulation sur un groupe de froid permettant d’avoir une basse pression flottante
  • IND-UT-133 : Système électronique de pilotage d’un moteur électrique avec récupération d’énergie
  • IND-UT-136 : mise en place d’un système moto-régulé neuf sur une installation

Réseaux – RES

Ces documents visent à améliorer les performances des réseaux de chaleur et de froid. On compte 7 fiches, notamment :

  • RES-CH-104 : Réhabilitation d’un poste de livraison de chaleur d’un bâtiment résidentiel
  • RES-CH-108 : Récupération de chaleur fatale pour valorisation vers un réseau de chaleur ou vers un tiers (France métropolitaine)

Transport – TRA

Réparties en 42 opérations standardisées TRA, il s’agit des actions à mettre en place pour limiter l’empreinte carbone de la mobilité. On trouve :

  • TRA-EQ-101 – Unité de transport intermodal pour le transport combiné rail-route ;
  • TRA-EQ-103 – Télématique embarquée pour le suivi de la conduite d’un véhicule ;
  • TRA-EQ-104 – Lubrifiant économiseur d’énergie pour véhicules légers ;
  • TRA-SE-104 – Station de gonflage des pneumatiques ;    
  • TRA-SE-105 – Recreusage des pneumatiques ;

Évolutions des fiches CEE transport :

Les 65ᵉ et 66ᵉ arrêtés CEE, publiés fin 2024, ont actualisé le secteur transport. Quatre fiches existantes (TRA-EQ-114, 117, 128 et TRA-SE-116) ont été modifiées, tandis que cinq nouvelles opérations standardisées CEE ont été créées (TRA-EQ-129 à 132 et TRA-SE-117).
À l’inverse, la fiche TRA-SE-115 sur le covoiturage courte distance a été supprimée.
Les porteurs de projets doivent désormais se référer aux conditions techniques actualisées pour bénéficier d’une prime CEE transport.

Agriculture – AGRI

Le secteur agricole compte 28 fiches CEE pour la mise en place de systèmes de production moins énergivores dans le secteur agricole, comme :

  • AGRI-EQ-101 – Module d’intégration de température installé sur un ordinateur climatique ;
  • AGRI-EQ-102 – Double écran thermique ;
  • AGRI-EQ-104 – Écrans thermiques latéraux ;
  • AGRI-SE-101 : Contrôle et préconisations de réglage du moteur d’un tracteur
  • AGRI-TH-104 – Système de récupération de chaleur sur groupe de production de froid hors tanks à lait ;
  • AGRI-TH-105 – Récupérateur de chaleur sur tank à lait ; 
  • AGRI-TH-109 : Récupérateur de chaleur à condensation pour serres horticoles
  • AGRI-TH-113 : Echangeur-récupérateur de chaleur air/air dans un bâtiment d’élevage de volailles
  • AGRI-UT-101 – Moto-variateur synchrone à aimants permanents ou à réluctance ;
  • AGRI-UT-102 – Système de variation électronique de vitesse sur un moteur asynchrone ; 

Que contient une fiche d’opération standardisée CEE ?

Chaque fiche d’opération standardisée CEE suit une structure réglementaire précise, qui permet d’identifier rapidement si une opération est éligible et comment elle doit être valorisée.

On y retrouve systématiquement les éléments suivants :

  • le code de la fiche, composé du secteur concerné (BAR, BAT, IND, AGRI, TRA, RES), du domaine de travaux (EN, TH, EQ, UT, SE, etc.) et d’un numéro d’identification unique ;
  • le champ d’application, qui précise le type de bâtiment, d’équipement ou d’activité concerné ;
  • les conditions techniques d’éligibilité, détaillant les performances minimales à respecter ;
  • les modalités de calcul forfaitaire, exprimées en kWh cumac, avec les éventuels coefficients correctifs applicables ;
  • la durée de vie conventionnelle de l’équipement ou de l’action, utilisée pour le calcul des économies d’énergie ;
  • les justificatifs à fournir, indispensables pour la constitution et le contrôle du dossier CEE.

La lecture attentive de ces éléments est essentielle pour sécuriser une opération et éviter toute non-conformité lors de l’instruction du dossier

Fiches d’opérations standardisées : comprendre le mécanisme des CEE

Les fiches d’opérations standardisées constituent le principal outil de valorisation des certificats d’économies d’énergie. Elles permettent d’attribuer, de manière forfaitaire, un volume de kWh cumac à des actions d’efficacité énergétique préalablement définies par les pouvoirs publics.

Dans ce cadre, les fiches CEE servent de référence pour :

  • qualifier techniquement les travaux réalisés ;
  • déterminer le volume de certificats pouvant être délivrés ;
  • sécuriser le montage administratif des dossiers CEE.
Marché CEE

Elles sont utilisées par l’ensemble des acteurs impliqués dans une opération CEE, bénéficiaires, obligés et mandataires, afin d’harmoniser la valorisation des économies d’énergie et de garantir la conformité réglementaire des projets.

Le recours à une fiche standardisée permet ainsi de simplifier le traitement des dossiers, tout en assurant une méthode de calcul homogène des économies d’énergie réalisées. Lorsque les travaux envisagés ne correspondent pas à une opération standardisée existante, le dispositif prévoit la possibilité de recourir à des opérations spécifiques, reposant sur une évaluation individualisée des gains énergétiques. Toutefois, les fiches standardisées CEE demeurent largement majoritaires et constituent la voie privilégiée pour la valorisation des projets d’efficacité énergétique.

Comment lire une fiche CEE ?

À chaque fiche fiche CEE BAR / BAT / IND / AGRI correspond un code en fonction de son secteur de référence et de son domaine de travaux. Elle se structure ainsi :

  • le public visé (IND, AGRI,BAT, BAR, etc.) ;
  • la catégorie de travaux (UT pour les utilités, TH pour Thermique, EQ pour équipements, etc.) ;
  • un numéro d’identification unique associé à chaque fiche.

Par exemple, la fiche BAT-EN-101, correspond à des travaux dans un bâtiment tertiaire (BAT) menés sur l’enveloppe (EN). Cette fiche standardisée CEE précise les modalités d’isolation des combles dans les bâtiments tertiaires. Elles sont téléchargeables au format PDF sur le site de l’Ademe.

Comment calculer les kWh cumac associés à une fiche standardisée ?

Plusieurs facteurs permettent de calculer le montant en kWh cumac d’une opération de travaux. Voici les principaux.

Des zones climatiques

Certaines fiches standardisées CEE intègrent un coefficient lié à la zone climatique dans laquelle les travaux sont réalisés, afin d’assurer une valorisation équitable des économies d’énergie. Le territoire français est ainsi découpé en trois zones climatiques : H1, H2 et H3, correspondant à des conditions climatiques distinctes.

La zone H1 regroupe les climats les plus froids, principalement situés au nord et à l’est du pays, la zone H2 correspond à une zone intermédiaire majoritairement à l’ouest, tandis que la zone H3 concerne les régions les plus chaudes, notamment au sud et au sud-est.

Ce zonage permet d’adapter le volume de kWh cumac attribué à une opération en fonction du contexte réel d’utilisation des équipements.

À caractéristiques techniques équivalentes, une même action peut ainsi générer un volume de certificats différent selon la zone climatique, afin de refléter plus fidèlement les économies d’énergie attendues. La prise en compte de ce paramètre est indispensable pour calculer correctement les kWh cumac associés à une fiche CEE et sécuriser la valorisation de l’opération.

Zoom sur le kWh cumac :

Comme l’explique l’ATEE, association de référence en matière de rénovation énergétique « Un catalogue d’opérations « standardisées », reproductibles et permettant d’atteindre des gisements diffus d’économies a été progressivement constitué. Ces opérations sont répertoriées sous forme de fiches qui permettent de calculer rapidement et de façon forfaitaire le nombre de kWh cumac résultant de la mise en œuvre d’une opération standardisée.« 

Les économies d’énergie qui sont réalisées sont mesurées grâce à une unité spéciale, le kilowattheure « cumulé » et « actualisé », ou kWh cumac.

Le kWh cumac, unité de référence du dispositif des Certificats d’économies d’énergie, exprime la quantité d’énergie économisée sur la durée de vie d’un équipement (cumulé) et actualisée dans le temps (actualisé).
Cette mesure forfaitaire permet de comparer l’efficacité énergétique de différentes opérations standardisées CEE et de calculer le montant de certificats attribués à chaque fiche.

Le facteur d’activité

Le facteur d’activité est un autre coefficient présent sur les fiches CEE tertiaire. Il module le nombre de kWh cumac enregistré en fonction de l’activité de l’entreprise (restauration, bureaux, etc.).

La surface ou le nombre d’équipement

Plus la surface à isoler est importante, plus l’opération fait preuve de performance, plus elle permettra de générer des kWh cumac. Il en va de même pour le remplacement de machines ou de systèmes d’éclairage.

Le mode de fonctionnement du site

Pour les fiches CEE industriels, le mode de fonctionnement de l’usine (en 3x8h, arrêt le week-end) détermine également le nombre de kWh cumac reçus en ce qui concerne les travaux sur les équipements. Plus le site fonctionne sur le long terme, plus les travaux d’efficacité énergétique permettent d’engager des économies d’énergie.

À noter : des fiches standardisées CEE nationales ?

Certaines fiches d’opérations standardisées s’appliquent à l’ensemble du territoire français, d’autres uniquement à la métropole ou seulement à l’outre-mer. Elles concernent les CEE classiques ou les CEE précarité énergie. Grâce à ce dernier dispositif, les copropriétés avec des foyers en situation de précarité énergétique peuvent bénéficier de primes énergie plus élevées.

Fiches standardisées CEE : quels enjeux pour la 6ᵉ période (2026–2030) ?

La 6e période des CEE vient de commencer et les fiches d’opérations standardisées font l’objet d’une attention renforcée de la part des pouvoirs publics.

Leur rôle reste central dans le dispositif, mais leur contenu évolue afin de :

  • mieux refléter les performances réelles des équipements ;
  • intégrer les avancées technologiques ;
  • limiter les effets d’aubaine observés lors des périodes précédentes.

Les arrêtés successifs qui ont préparé P6 traduisent cette volonté de rationalisation. Certaines fiches standardisées CEE ont été supprimées lorsqu’elles étaient jugées peu incitatives ou insuffisamment performantes, tandis que d’autres ont été révisées avec des critères techniques plus exigeants ou des forfaits en kWh cumac ajustés. Cette évolution vise à fiabiliser les économies d’énergie déclarées et à renforcer la crédibilité globale du dispositif.

Dans ce contexte, l’enjeu pour les porteurs de projets n’est plus seulement d’identifier une fiche applicable, mais de s’assurer que :

  • la version de la fiche CEE utilisée est bien en vigueur ;
  • l’ensemble des conditions techniques est strictement respecté ;
  • le montage du dossier anticipe les exigences de contrôle.

Ainsi, la maîtrise des fiches standardisées CEE devient un levier clé pour sécuriser les opérations CEE et optimiser leur valorisation sur la durée de la 6ᵉ période.

À savoir – Vers un nouveau projet d’arrêté CEE :

Le dispositif des Certificats d’économies d’énergie continue d’évoluer : un projet de 70ᵉ arrêté CEE a été examiné par le Conseil supérieur de l’énergie, après une consultation publique ouverte du 15 mai au 4 juin. Ce texte vise à rendre le mécanisme plus efficace et mieux ciblé. Il prévoit notamment la suppression de 11 fiches standardisées jugées peu incitatives, la révision de 7 fiches existantes, avec des forfaits revus à la baisse et des critères techniques renforcés, des contrôles qualité accrus et une meilleure traçabilité des opérations standardisées CEE. Ces mesures visent à rationaliser les dépenses publiques, fiabiliser les CEE délivrés et garantir un dispositif durable au service de la transition énergétique.

Fiches standardisées CEE : l’accompagnement Opéra Énergie

Les démarches liées aux fiches d’opérations standardisées CEE peuvent s’avérer complexes : identification de la bonne fiche, vérification de l’éligibilité technique, calcul du gain en kWh cumac, ou encore constitution du dossier administratif.

Pour sécuriser ces étapes et garantir la meilleure valorisation possible des certificats, Opéra Énergie accompagne ses clients, entreprises, collectivités et copropriétés, tout au long du processus.

Notre équipe d’experts CEE sélectionne les fiches CEE les plus adaptées aux travaux envisagés, assure le montage du dossier et la négociation des primes énergie auprès de nos partenaires obligés.

Grâce à cet accompagnement sur mesure, chaque projet bénéficie d’une valorisation optimisée, conforme aux exigences fixées par la DGEC, l’ADEME et les arrêtés ministériels en vigueur.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.