C’est quoi exactement le KWh de gaz ?

Le KWh est une unité d’énergie. Attention, le compteur indique le volume de gaz livré en m3. En revanche, la consommation est facturée en KWh (Kilowattheure). Il désigne l’énergie contenue dans un mètre cube de gaz. Elle varie en fonction de la composition de celui-ci, de l’altitude et de la pression de livraison. Le fournisseur doit donc transformer les mètres cubes en KWh.

La formule est la suivante : quantité de m3 x le coefficient de conversion = nombre de KWh.

On considère, en moyenne, que 1 m3 équivaut à 10 KWh.

Le coefficient de conversion varie selon 3 paramètres :

  • La composition du gaz : elle dépend de son origine et de sa teneur en azote. On trouvera le gaz B (Bas pouvoir calorifique) plus « pauvre », par sa proportion élevée en azote. Il provient principalement des Pays-Bas et est acheminé vers le nord de la France. Il se distingue du gaz H (haut pouvoir calorifique), qui provient essentiellement de la Russie, de la mer du Nord, de l’Algérie. Ce dernier est partagé sur le reste de la France.
  • L’altitude : lorsqu’on monte, la pression atmosphérique baisse et le gaz naturel devient moins dense. On dit qu’il est plus léger. Au fur et à mesure que l’altitude augmente, il contient de moins en moins d’énergie. Le coefficient de conversion sera donc moins élevé de 10 % à peu près à 1000 mètres par rapport à celui appliqué au niveau de la mer.
  • La pression de livraison : si elle est forte, le coefficient de conversion sera plus élevé. Celui-ci augmente donc pour du chauffage collectif ou à usage professionnel. Cependant, il sera moins important pour une chaudière individuelle ou pour une consommation professionnelle moindre.

Quel est le coût du KWh de gaz en 2018 ?

Le prix du KWH varie d’un fournisseur alternatif à un autre et sera encore différent si l’on prend le tarif réglementé du gaz, proposé exclusivement par Engie (ex GDF-suez), prestataire historique, et par les Entreprises Locales de Distribution (ELD).

On distingue différents gaz à usage domestique : le gaz de ville ou gaz naturel, le gaz en bouteille (butane ou propane) ou en citerne.

Le gaz de ville est le seul à être soumis à un tarif réglementé. Le coût de celui en bouteille ou en citerne est libre et varie entre autres selon les prix du marché international.

La différence entre le KWh d’Engie et le KWh des fournisseurs alternatifs

Les fournisseurs alternatifs proposent soit un tarif fixe du gaz, soit indexé.Ces prestataires s’engagent pour ce premier mode, sur une durée déterminée, 1,2,4 ans. Pendant cette période, le prix établi ne sera pas modifié, quelle que soit l’évolution à la hausse ou à la baisse du tarif réglementé. Ce dernier est ajusté à l’échéance du contrat si celui-ci est renouvelé. Pour le second mode, les fournisseurs indexent leur prix sur l’évolution du tarif réglementé, baissant et augmentant au même rythme que l’indice.

Les tarifs réglementés, plus connus sous l’acronyme TRV, sont le monopole d’Engie (ex GDF Suez) et d’une petite vingtaine d’Entreprises Locales de Distribution. Les articles L.445-1 à L.445-4 et R.445-1 à R.445-7 du code de l’énergie encadrent ces TRV. Ils sont fixés par le ministre de l’Économie et de l’Énergie après consultation de la CRE (Commission de régulation des Énergies). C’est une autorité administrative indépendante (article L.133-6 du Code de l’énergie), créée par la loi du 10 février 2000, pour encadrer l’ouverture des marchés. Elle est la garante du libre accès et du bon fonctionnement du réseau de gaz et d’électricité.

Cependant, les tarifs réglementés à destination des professionnels ont été supprimés depuis le 17 mars 2014. Tous ceux dont la consommation est supérieure à 30 000 KWh par an sont concernés. La fin des tarifs réglementés pour les particuliers est actée pour juillet 2023.

Les autres paramètres qui définissent le prix du KWh

Le prix du KWh dépend également de la zone tarifaire ou de l’option tarifaire, pour le TRV.

Gaz de France a défini, il y a quelques décennies, 6 zones tarifaires, au moment de l’organisation du réseau de distribution. Ces zones sont établies en fonction de la distance entre le lieu de consommation et le centre de stockage de gaz le plus proche.

Les prix varient donc en fonction de l’endroit à alimenter. Les emplacements les plus éloignés ou difficiles d’accès engendrent des coûts d’acheminement plus élevés. La zone 1 correspond à la moins chère et la zone 6 à la plus coûteuse, on atteint une différence maximale de tarif d’environ 7 %.

Attention, certains fournisseurs alternatifs ont défini leurs propres zones. Le prix varie aussi selon la classe de consommation ou option tarifaire à laquelle vous appartenez.

L’approvisionneur fixe cette option en fonction du total utilisé annuellement :

  • L’option de base correspond à une consommation jusqu’à 1000 KWh, pour un usage dans le cadre de la cuisson uniquement ;
  • L’option B0 est proposée pour une consommation de 1000 à 6000 KWh, pour l’eau chaude sanitaire et la cuisson ;
  • L’option B1 est destinée à une utilisation de 6000 à 30 000 KWh, pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisson ;
  • L’option B2i était proposée pour une consommation entre 30 000 et 300 000 KWh par an. Depuis le 1er janvier 2016, il s’adresse aux petites copropriétés pour une consommation qui ne dépasse pas 150 000 KWh.

Les tarifs B2S, TEL, S2S, STS, réservés aux professionnels, pour une consommation supérieure à 300 000 KWh ont progressivement été supprimés depuis l’ouverture à la concurrence. Depuis le 1er janvier 2016, les professionnels doivent opter pour une offre de marché et établir des devis comparatifs.

Pourquoi le prix du gaz est-il indexé sur les cours du pétrole ?

Le gaz naturel est en concurrence avec les autres énergies, grâce à ses nombreux usages. De ce fait, les fournisseurs indexent leur prix sur celui des produits pétroliers de sorte qu’il soit toujours compétitif. C’est pourquoi on constate que le tarif du gaz est constamment en mouvement et subit de nombreuses hausses, mais également des baisses.

Pourquoi ma facture ne correspond pas au prix du KWh multiplié par ma consommation ?

Le prix du KWh en 2018 dépend aussi des coûts d’acheminement et des taxes gouvernementales, en plus du montant de la fourniture d’énergie.

Le gaz doit être expédié du lieu de production vers celui de consommation. Pour ce faire, le combustible emprunte un réseau de transport. Les tarifs d’acheminement couvrent le coût d’utilisation de ces circuits par lequel le gaz est livré. Les coûts totaux concernent donc les tarifs d’usage du réseau de transport que gèrent GRTgaz et TIGF et ceux du réseau de distribution, principalement GRDF, mais aussi les entreprises locales chargées de le livrer.

La CRE fixe les tarifs d’utilisation des réseaux. On distingue dans cette grille tarifaire les ATRT (Accès des tiers aux réseaux de transport) et les ATRD (Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution). Les ATRT sont actualisés chaque année au 1er avril et les ATRD au 1er juillet. Chaque fournisseur perçoit cette somme et la reverse aux gestionnaires de réseaux qui sont les mêmes pour tous.

Quelles sont les taxes qui gonflent ma facture de gaz ?

En plus de la fourniture et de l’acheminement, le prix du gaz est majoré de diverses taxes et contributions. Ces taxes représentent un peu plus d’un quart de ma facture de gaz naturel. Elles concernent toutes les offres du marché et sont les mêmes pour les différents fournisseurs :

  • La CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement)

Elle est appliquée depuis 2005 pour financer le régime de retraite du personnel des industries électriques et gazières. Elle représente un pourcentage de la part fixe du tarif d’acheminement.

  • La TICGN (Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel)

Elle est entrée en vigueur le 1er avril 2014 et prélevée par tous les fournisseurs sur chaque KWh consommé, puis reversé à l’État. Elle est fixée à 0,00845 €/KWh à partir du 1er janvier 2018. Elle a fusionné en 2016 avec la CTSSG (Contribution au Tarif Social de Solidarité Gaz), qui finance, entre autres les tarifs sociaux pour les clients les plus démunis et la Contribution Biométhane (méthane renouvelable issu de l’épuration du biogaz).

  • La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée)

Elle s’applique à un taux réduit de 5,5 % sur le montant de l’abonnement HT et sur la CTA. Une TVA à un taux plein de 20 % s’applique sur le coût des consommations ainsi que sur la taxe intérieure, sur la consommation de gaz naturel (TICGN).

Prix du gaz en 2018 : à la hausse ou à la baisse ?

Le gouvernement, sur avis du CRE fixe, certes, le prix du KWh et pourtant on constate une nette tendance à la hausse en 2018, avec un pic de 7,45 % au mois de juillet. Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Alors que les ressources de gaz n’ont jamais été aussi importantes et accessibles, les tarifs augmentent pour couvrir entre autres l’accroissement des coûts d’approvisionnement.

Mais ce n’est pas la seule raison, le prix des infrastructures, du stockage ou de la distribution est également plus élevé.

Enfin, l’installation du compteur communicant de gaz, Gazpar, ajoute des frais non négligeables.

N’oublions pas la hausse de la TICGN. Elle représentait 5,88 €/MWh en 2017 et passe à 8,45€/MWh en 2018, soit une augmentation de 44 %. D’après la loi finance, cette taxe devrait encore progresser de 172 % d’ici 2022.

Pourquoi les certificats d’énergie ont-ils un impact sur le prix du KWh ?

Le CEE (Certificat d’Économie d’Énergie), en complément du crédit d’impôt, représente une source pour diminuer l’investissement des particuliers et entreprises qui réalisent des travaux d’économie énergétique. Le dispositif, créé en 2006, repose sur une obligation imposée par les pouvoirs publics aux fournisseurs d’énergie à réaliser des économies d’énergie. Les vendeurs payent donc les CEE, mais attention, ce que l’on sait peut-être moins est que ce coût est finalement répercuté sur la facture des consommateurs. Selon UFC-Que choisir, cela a entraîné une augmentation de la note d’énergie de 438 millions d’euros, en 2017. Et cela devrait encore quasiment doubler cette année.

UFC-Que choisir demande au Ministre de la transition écologique de colmater les brèches des CEE.

Quelles sont les évolutions à venir du prix du gaz pour 2019 ?

Les prévisions des prix du gaz suivent en partie celles pour le tarif du pétrole. Celui-ci étant reparti à la hausse, on peut pronostiquer une poursuite de l’augmentation tarifaire. La demande mondiale de gaz connaît aussi une croissance constante. L’Agence Internationale de l’Énergie prévoit un accroissement de celle-ci de 41 % entre 2007 et 2030. Les ressources devraient être suffisantes pour couvrir cette hausse, d’après l’AEI. Toutefois, le coût du gaz pourrait augmenter en fonction de la difficulté d’exploitation de celui-ci.

Prédire l’évolution du prix du gaz naturel dans les années à venir est complexe, du fait de variations du cours du baril de pétrole, du gaz naturel lui-même, mais aussi de changements géopolitiques possibles.