Pour les industriels de la chimie, l’achat d’énergie est devenu un sujet critique. En France, le prix de l’électricité peut être jusqu’à six fois plus élevé qu’en Chine selon Le Dauphiné Libéré. Cet écart fragilise directement la compétitivité des sites de production français, dans un secteur où l’énergie représente une part majeure des coûts d’exploitation. Dans ce contexte, comment bien réaliser ses achats d’énergie en tant qu’entreprise de la chimie ?

Les entreprises de la chimie, des entreprises électro-intensives ?

L’industrie chimique fait partie des secteurs les plus consommateurs d’électricité. On parle alors d’entreprises électro-intensives, une qualification encadrée par la réglementation française. Une entreprise est considérée comme électro-intensive lorsqu’elle présente un niveau de consommation d’électricité particulièrement élevé par rapport à la richesse qu’elle produit.

Concrètement, ce statut s’applique lorsque la consommation électrique dépasse 2,5 kWh par euro de valeur ajoutée et que l’activité relève d’un secteur industriel fortement exposé à la concurrence internationale, avec une intensité d’échanges avec des pays tiers supérieure à 4 %.

Certaines entreprises de la chimie vont encore plus loin et entrent dans la catégorie des sites hyper électro-intensifs. Comme l’explique le fournisseur Elmy « les entreprises hyper électro-intensives, quant à elles, consomment plus de 6 kWh par euro de valeur ajoutée et opèrent dans des secteurs avec une intensité des échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre supérieure à 25 %. »

L’industrie chimique : gazointensive

L’industrie chimique n’est pas seulement électro-intensive, elle est aussi gazointensive. Le gaz naturel y joue un rôle central, à la fois comme source d’énergie pour la production de chaleur à haute température et comme matière première dans de nombreux procédés, notamment pour la chimie de base, la pétrochimie, les engrais ou encore certains solvants.

Cette double dépendance à l’électricité et au gaz accentue la vulnérabilité du secteur face aux tensions sur les marchés de l’énergie.

Achat d’énergie pour une entreprise de la chimie : comment procéder ?

Achat d’électricité pour une entreprise de la chimie

Pour une entreprise industrielle de la chimie, l’achat d’énergie ne se limite pas à la souscription d’un contrat standard. La majorité de ces sites disposent d’une puissance souscrite supérieure à 250 kVA. Ils relèvent donc du segment des grands consommateurs, les profils dits « Tarif Vert » en référence aux tarifs réglementés de vente pratiqués par EDF, le fournisseur historique d’électricité.

Or, la majorité des contrats pour ces profils sont des offres sur-mesure. Il n’est pas toujours aisé, donc, de comparer les offres d’électricité pour une entreprise de la chimie. Chaque fournisseur d’électricité est libre de présenter l’offre comme bon lui semble.

Le rôle du courtier est d’analyser le profil de consommation du site, de mettre en concurrence les fournisseurs et de négocier un contrat sur mesure. Cela permet d’optimiser le prix du MWh, mais aussi les conditions contractuelles, comme la durée d’engagement, les modalités de révision des prix ou encore la gestion des volumes. Pour les industriels de la chimie, cette approche est essentielle afin de limiter l’exposition à la volatilité des marchés de l’électricité tout en sécurisant l’approvisionnement.

Achat de gaz pour une entreprise de la chimie

Dans l’industrie chimique, les volumes d’énergie consommés atteignent fréquemment des niveaux très élevés. Certaines installations industrielles dépassent 1 GWh de consommation par an en gaz naturel. À ce niveau, le moindre centime gagné sur le prix du kilowattheure se traduit par des économies significatives à l’échelle annuelle.

C’est précisément pour cette raison que l’accompagnement par un courtier en énergie devient stratégique. Un courtier spécialisé dans les profils industriels, comme Opéra Energie dispose d’une connaissance fine des marchés de gros du gaz. Il est en mesure de structurer une consultation adaptée aux volumes, aux contraintes de production et au niveau de risque acceptable pour l’entreprise.

Achat d’énergie en entreprise de la chimie : bénéficier d’une exonération d’accise sur l’électricité et le gaz

Au-delà du prix de marché de l’électricité, la fiscalité pèse lourdement sur la facture finale. L’accise sur l’électricité, anciennement appelée CSPE, s’applique différemment selon la nature du consommateur. Pour les ménages, le tarif s’établit autour de 25 €/MWh, tandis que pour les entreprises et assimilées, il se situe autour de 20 €/MWh, avec une trajectoire légèrement baissière prévue entre 2026 et 2027.

Les entreprises électro-intensives, dont de nombreux acteurs de la chimie, peuvent toutefois bénéficier d’un taux fortement réduit. Dans ce cas, l’accise est plafonnée à 0,5 €/MWh. Cette exonération partielle représente un levier financier majeur pour les sites industriels fortement consommateurs d’électricité. Encore faut-il en connaître les conditions d’éligibilité et effectuer les démarches administratives nécessaires, souvent avec l’appui d’un expert énergie ou d’un conseil fiscal spécialisé, comme Opéra Energie.

De la même manière, l’industrie chimique peut, dans certains cas, bénéficier d’une exonération ou d’un taux réduit de l’accise sur le gaz naturel (anciennement TICGN). L’accise sur le gaz s’applique en principe à tous les consommateurs utilisant le gaz comme combustible, y compris les entreprises industrielles. C’est notamment le cas lorsque le gaz est utilisé autrement que comme combustible, par exemple comme matière première dans un procédé de fabrication, ou dans le cadre de procédés industriels particuliers (double usage, réduction chimique, etc.)

Achat énergie en entreprise chimique : quelles économies attendre du recours à un courtier ?

Cela dépend des volumes consommés et du marché. Voici quelques chiffres clés à retenir de l’accompagnement proposé par Opéra Energie pour une industrie metallurgique dont le profil de consommation reste proche de ceux de l’industrie chimique.

Chiffres Clés à retenir

1 010 000 € (HT)

Budget annuel électricité C2

314 000 € (HT)

Budget annuel gaz T4

45 000 € (HT)

Budget annuel électricité C5

Efficacité énergétique et industrie chimique : comment réduire la facture d’électricité ?

Dans l’industrie chimique, la réduction du budget électricité et gaz ne repose pas uniquement sur le prix du contrat. Elle passe avant tout par une amélioration structurelle de l’efficacité énergétique des sites industriels.

Analyser les consommations

Les premiers gains proviennent généralement d’une optimisation fine des procédés industriels. La chimie mobilise de nombreux équipements électro-intensifs, comme :

  • les compresseurs,
  • les pompes,
  • les broyeurs,
  • les systèmes de ventilation,
  • les unités de séparation.

L’analyse détaillée des usages permet d’identifier les surconsommations, les équipements surdimensionnés ou obsolètes, ainsi que les dérives liées à l’exploitation. Des actions ciblées, telles que le remplacement de moteurs par des modèles à haut rendement, l’installation de variateurs de vitesse ou l’amélioration de la régulation des procédés, peuvent générer des économies d’électricité significatives et pérennes.

La récupération de chaleur fatale

La récupération et la valorisation de l’énergie fatale constituent un autre levier majeur. De nombreux procédés chimiques produisent de la chaleur ou de l’énergie résiduelle, souvent dissipée sans être exploitée. Même si cette chaleur est principalement thermique, sa valorisation peut indirectement réduire la consommation électrique, par exemple en limitant le recours à des équipements électriques auxiliaires ou en améliorant l’efficacité globale des installations. Ces projets s’inscrivent de plus en plus dans une logique de performance énergétique globale du site.

Quelles aides pour améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie chimique ?

Les CEE

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) permettent de financer une partie des investissements d’efficacité énergétique, en réduisant le temps de retour sur investissement des projets. Dans l’industrie chimique, de nombreuses opérations standardisées ou spécifiques sont éligibles, qu’il s’agisse de l’optimisation des systèmes de motorisation, de l’amélioration des réseaux électriques internes ou de la modernisation des équipements de production.

Le Contrat de Performance Énergétique (CPE)

Enfin, le Contrat de Performance Énergétique (CPE) offre une approche structurante pour les sites industriels les plus complexes. Ce type de contrat repose sur un engagement de résultats, avec des objectifs chiffrés de réduction des consommations électriques. Il permet aux industriels de sécuriser les gains énergétiques dans le temps, tout en transférant une partie du risque à l’opérateur en charge du projet. Pour la chimie, où les consommations sont élevées et continues, cette approche est particulièrement pertinente.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.