La prime énergie a été lancée dans le cadre des Certificats d’Économies d’Energie (CEE). Il s’agit d’une aide proposée aux entreprises et collectivités par les fournisseurs de gaz et d’électricité pro. Elle sert à financer des travaux de rénovation thermique. Le but de la prime énergie pour une entreprise ? Permettre aux professionnels de faire des économies d’énergie. Sur quels travaux porte-t-elle exactement ? Quel est son montant ? Comment être éligible aux CEE en entreprise ? Explications dans ce guide.
CEE pour les entreprises : définition
La prime CEE destinée aux entreprises, également appelée « Coup de pouce économies d’énergie » est une aide financière dispensée pour réaliser des travaux de rénovation thermique. Cette prime énergie pour professionnel est versée par les fournisseurs d’énergie. Ces travaux visent, par exemple, à améliorer l’isolation d’un bâtiment ou à changer les systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude.
Mise en place dans le cadre des Certificats d’Économies d’Energie (CEE), elle concerne les entreprises, les collectivités publiques, les bâtiments d’Etat mais aussi les particuliers.
Prime CEE pour les entreprises : comprendre le mécanisme
La prime CEE pour les entreprises est apparue suite au lancement du système des CEE. Il s’agit d’un dispositif créé par l’Etat dans la lignée du protocole de Kyoto.
Via le mécanisme de la prime énergie pour les professionnels, les fournisseurs d’énergie ainsi que les vendeurs de carburant doivent répondre à des obligations d’économies d’énergie fixées par les autorités publiques. C’est la raison pour laquelle on les nomme « les obligés ».
Pour cela, les obligés et les éligibles doivent obtenir un certain nombre de CEE prouvant qu’ils remplissent leurs objectifs. Ces certificats peuvent s’obtenir de plusieurs façons :
- en les achetant sur le marché des CEE ;
- en incitant les particuliers, les entreprises et les collectivités à réaliser des travaux de rénovation énergétique ;
- en finançant des programmes éligibles aux CEE ;
- en réalisant des travaux d’efficacité d’énergétique pour leur propre compte.
La deuxième solution a permis l’émergence de la « Prime énergie ». C’est le nom commercial que lui donnent de nombreux fournisseurs.
Prime énergie en entreprise : ce qui change avec l’arrêté du 1ᵉʳ août 2025
L’arrêté du 1ᵉʳ août 2025 a préparé l’entrée en vigueur de la 6ᵉ période des CEE à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Pour les entreprises et collectivités, cela se traduit par :
- un recalibrage des obligations pour les fournisseurs d’énergie (« obligés CEE »), afin d’orienter davantage de volumes de CEE vers les secteurs tertiaire et industrie ;
- une révision de plusieurs fiches standardisées (ajustements, fusions ou suppressions de fiches redondantes) et mise à jour d’exigences techniques sur des postes fréquents (isolation, CVC, utilités, calorifugeage, éclairage) ;
- des contrôles renforcés (documentaires et sur site) pour fiabiliser les économies d’énergie déclarées et une vigilance accrue sur la conformité des devis/factures et la traçabilité des équipements posés ;
- une exigence RGE maintenue pour les travaux concernés et une mise en concurrence recommandée entre obligés pour optimiser la prime énergie entreprise.
Il est recommandé de vérifier la fiche CEE utilisée, l’éligibilité RGE des intervenants et les pièces justificatives demandées dès la commande (et avant signature des devis).
Prime CEE pour les entreprises : quels changements avec la 6ème période ?
La 6ᵉ période du dispositif des CEE s’étendra de 2026 à 2030, avec des objectifs nettement renforcés pour les entreprises et les collectivités. Selon l’arrêté préparatoire publié en juillet 2025, le volume d’obligation annuelle atteint 1 050 TWh cumac, soit une hausse de +35,5 % par rapport à la 5ᵉ période (775 TWh cumac). En outre, 280 TWh cumac sont dédiés à la précarité énergétique, inscrits dans le volume global. Le plafond alloué aux programmes CEE est fixé à 500 TWh cumac pour la période, contre 357 TWh pour les 4 dernières années de la 5ᵉ période (+40%). Enfin, les opérations éligibles à une prime CEE en entreprise doivent présenter des dossiers plus stricts, utiliser des fiches standardisées actualisées et recourir à des professionnels RGE, sous peine de refus ou d’annulation des certificats. Ainsi, la prime CEE entreprise devient un levier intéressant, mais plus exigeant.
Prime CEE pour les entreprises : quels avantages ?
Réaliser des économies d’énergie avec une prime énergie en entreprise
La rénovation thermique permet de faire des économies d’énergie non négligeables. En renforçant la qualité de l’isolation ou en remplaçant le système de chauffage par un appareil plus performant, vous diminuez vos consommations d’énergie. Il faut savoir que le chauffage est le premier poste de dépense d’électricité et/ou de gaz. Selon l’Ademe, il représente la moitié de la facture d’énergie d’un bureau.
Réaliser des travaux de rénovation et d’isolation permet « d’atteindre des gains énergétiques significatifs d’environ 50%. » s’il on en croit l’association Energie et Avenir, qui regroupe les professionnels spécialistes du chauffage. Il s’agit là d’un enjeu de compétitivité pour les entreprises.
Réduire son empreinte carbone en bénéficiant d’une prime CEE en entreprise
D’autre part, la rénovation thermique permet de limiter les rejets de CO2 de ses locaux professionnels ou de la copropriété administrée. En effet, il faut savoir que les secteurs résidentiel et tertiaire représentent plus de 20% des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES). Ces émissions de GES sont notamment dues à des déperditions d’énergie. En entamant des travaux, les entreprises peuvent éviter ces pertes de chaleur et améliorer leur empreinte carbone. Ce faisant, elles peuvent répondre à des objectifs RSE.
Certificat d’économie d’énergie en entreprises : quels sont les travaux éligibles ?
Il existe une liste bien spécifique de travaux éligibles aux CEE destinés aux entreprises. Ceux-ci sont déterminés par des fiches d’opérations standardisées mises en ligne sur le site du ministère de la Transition Ecologique.
On distingue plusieurs grandes catégories de travaux qui permettent d’obtenir des primes CEE pour les professionnels et les entreprises. Les chantiers menés sur :
- L’ « enveloppe », à savoir l’isolation thermique des bâtiments ;
- Le « thermique » et la « chaleur ». Tout ce qui concernent les appareils de chauffage ainsi que la climatisation mais aussi les réseaux de chaleur et le calorifugeage des tuyaux ;
- Les « équipements » et « utilités », c’est à dire les machines industrielles et appareils électriques ainsi que l’éclairage ;
- Les « services ». Le pilotage des consommations énergétiques et la formation des employés ;
Comme l’explique le ministère de la Transition Ecologique, ces fiches « définissent les exigences requises pour la délivrance de certificats et les montants forfaitaires d’économies d’énergie associés, exprimés en kWh cumac. Elles se répartissent en six secteurs : agriculture, résidentiel, tertiaire, industrie, réseaux et transport. ».
En effet, pour mesurer les économies d’énergie, on utilise le kWh cumac. Il s’agit de l’abréviation de :
- « cumulé ». Pour indiquer les économies réalisées grâce au produit tout au long de son cycle de vie ;
- « actualisé ». Cela permet de mettre dans la balance l’usure du produit sur la longue durée.
Les kWh cumac permettent de déterminer le montant de la prime énergie pro pour chaque opération. Il n’y a pas de limite dans les nombres d’opérations que vous pouvez réaliser. En revanche, vous ne pouvez pas réaliser deux fois la même opération pour vos bureaux.
CEE pour les entreprises : l’importance de faire appel à un professionnel RGE
Pour que les travaux soient éligibles à la prime énergie, il faut impérativement faire appel à un artisan Reconnu Garant de l’Environnement (RGE). C’est une certification donnée par les pouvoirs publics et l’Ademe, attestant de la compétence d’un professionnel dans un certain domaine.
CEE pour les entreprises : éligibilité et montant de prime en 2026
Toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, peuvent bénéficier de la prime énergie pour professionnel, à condition que les travaux ou opérations respectent une fiche CEE d’opération standardisée publiée par le ministère de la Transition écologique.
Le dispositif concerne :
- les entreprises privées (industrielles, artisanales, tertiaires, agricoles, commerciales) ;
- les collectivités et bâtiments publics ;
- les copropriétés à usage tertiaire.
Le montant de la prime énergie en entreprise dépend directement du nombre de kWh cumac associés à l’opération. Ces kWh cumac représentent les économies d’énergie cumulées et actualisées pendant toute la durée de vie des équipements installés.
En pratique, le montant final des CEE en entreprise varie selon :
- le type de travaux (isolation, chauffage, utilités industrielles, pilotage énergétique, etc.) ;
- la localisation géographique du site ;
- le fournisseur d’énergie choisi (chaque obligé applique son propre barème).
L’ADEME recommande de mettre en concurrence plusieurs obligés afin d’obtenir la meilleure valorisation possible des CEE. Certaines entreprises peuvent aussi cumuler la prime énergie pour professionnel avec d’autres dispositifs (par exemple, les aides ADEME, France 2030, programmes régionaux ou territoriaux, etc.).
Bon à savoir
Avec le début de la 6ᵉ période des CEE, les montants vont varier davantage selon le secteur d’activité et le niveau de performance énergétique atteint. Les projets intégrant des technologies à haute efficacité (pompes à chaleur industrielles, récupération de chaleur, variation de vitesse, etc.) bénéficient d’une valorisation renforcée des CEE en entreprise.
CEE pour les entreprises : quelle est la meilleure prime ?
Vous n’êtes pas obligé de réaliser vos travaux d’économies d’énergie avec votre fournisseur de gaz pro ou d’électricité. Vous pouvez librement vous tourner vers un autre acteur si la prime vous apparaît plus intéressante.
A ce titre, sachez qu’il n’y a pas une fournisseur meilleur qu’un autre dans le domaine des Primes CEE pour les professionnels. Chacun présente des primes différentes sur les travaux. N’hésitez pas à mettre en concurrence plusieurs fournisseurs sur le sujet. C’est ce que recommande l’Ademe, « Dans le cadre d’une recherche de partenariat, il est conseillé de consulter plusieurs obligés afin de pouvoir choisir le partenariat le plus intéressant. »
CEE pour les professionnels : quelles démarches pour bénéficier de la prime ?
Pour demander la prime énergie pro, il convient de respecter plusieurs étapes. Tout d’abord, il est conseillé de procéder à un bilan énergétique pour déterminer les chantiers à prioriser (isolation, remplacement du chauffage, amélioration de la chaine de production, etc.).
Ensuite, vérifiez l’éligibilité de l’entreprise à la prime CEE. N’oubliez pas que la prime ne vous sera donnée qu’à condition de respecter une fiche standardisée.
Puis, faites réaliser des devis par des professionnels RGE. Dans le même temps, mettez en concurrence les différents fournisseurs pour trouver le montant de rachat de travaux le plus élevé.
Après avoir eu confirmation d’un fournisseur sur la prise en charge des travaux, vous pouvez signer les devis. A la fin du chantier, vous devrez constituer votre dossier CEE avec les pièces justificatives demandées :
- Devis et factures ;
- Attestation sur l’honneur ;
- Fiches techniques.
Transmettez-le à votre fournisseur dans un délai de 6 mois après la fin des travaux. La plupart propose des plateformes dématérialisées, comme la plateforme EDF prime énergie ou celle d’Antargaz, par exemple. En général, le versement de la prime a lieu sous 4 semaines.
Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.
Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.