La fiche CEE BAT-EN-102 encadre l’isolation des murs par l’intérieur ou par l’extérieur dans les bâtiments tertiaires existants réservés à une utilisation professionnelle. Pour ouvrir droit aux certificats d’économies d’énergie, l’isolation doit notamment atteindre une résistance thermique R supérieure ou égale à 3,7 m².K/W et être posée par un professionnel. Le volume de CEE dépend ensuite de la zone climatique, de l’énergie de chauffage, du secteur d’activité et de la surface isolée. La fiche BAT-EN-102 sera abrogée à compter du 1er mai 2027.
BAT-EN-102 : quels bâtiments et travaux sont éligibles ?
La fiche BAT-EN-102 s’applique exclusivement aux locaux du secteur tertiaire existants depuis plus de deux ans à la date d’engagement des travaux et réservés à une utilisation professionnelle.
La fiche d’opération standardisée BAT-EN-102 concerne la mise en place d’un doublage isolant, complexe ou sur ossature, sur des murs par l’intérieur ou par l’extérieur. L’isolation prise en compte doit être réalisée entre un espace chauffé et un espace non chauffé. Ainsi, l’isolation de la façade d’une zone elle-même non chauffée ne peut pas être valorisée au titre de cette fiche.
Quels sont les critères de performance énergétique à respecter ?
La fiche d’opération standardisée BAT-EN-102 impose une résistance thermique R de l’isolation installée supérieure ou égale à 3,7 m².K/W. L’épaisseur nécessaire pour atteindre ce niveau de performance dépend notamment de la conductivité thermique du matériau choisi.
La résistance thermique exigée par BAT-EN-102 doit être évaluée selon des normes reconnues, notamment NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939 pour les isolants non réfléchissants, et NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants.
À titre indicatif, pour atteindre une résistance thermique de 3,7 m².K/W, il faudra généralement prévoir :
- environ 14 cm de laine de roche ;
- environ 15 cm de liège expansé, de laine de bois ou de lin ;
- environ 12 cm de polystyrène expansé.
Ces épaisseurs constituent des ordres de grandeur. Elles varient selon la conductivité thermique et les caractéristiques certifiées du produit retenu. Le professionnel doit donc vérifier que le complexe effectivement installé atteint la résistance thermique minimale exigée par BAT-EN-102.
En cas de superposition de plusieurs isolants, les marques et références de chaque matériau ainsi que la résistance thermique globale du complexe doivent être renseignées. La surface d’isolant retenue correspond alors à la surface résultant de leur superposition.
La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place d’une isolation des murs, la surface d’isolant installée et la résistance thermique de l’isolation. À défaut, elle doit préciser les marque et référence du matériau ainsi que la surface posée, puis être complétée par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité attestant sa nature isolante et ses caractéristiques thermiques. Lorsque la référence existe en plusieurs épaisseurs et que la résistance thermique ne figure pas sur la preuve de réalisation, l’épaisseur installée doit également être indiquée.
Pour rappel, la date d’engagement de l’opération correspond notamment à la date d’acceptation du devis, tandis que la preuve de réalisation repose sur la date de facture.
À noter
Dans la partie A de l’attestation sur l’honneur applicable à compter du 1er juillet 2026, le bénéficiaire doit également renseigner le coût de l’opération en euros HT et TTC ainsi que le montant prévisionnel total des aides financières accordées par des organismes publics, hors prime CEE.
Vers quel professionnel se tourner pour l’isolation des murs avec BAT-EN-102 ?
La mise en place de l’isolation doit être réalisée par un professionnel. La fiche BAT-EN-102 n’impose pas, à elle seule, le recours à une entreprise RGE. Il reste toutefois recommandé de sélectionner une entreprise expérimentée dans l’isolation des bâtiments tertiaires, capable de justifier les performances des matériaux et de reporter précisément les informations nécessaires sur la facture.
En parallèle de l’entreprise chargée des travaux, l’accompagnement par un spécialiste des CEE permet de vérifier la conformité du dossier, notamment les mentions portées sur le devis, la facture et les justificatifs techniques exigés par BAT-EN-102. Un mandataire CEE comme Opéra Énergie peut intervenir en amont de l’engagement des travaux pour vérifier l’éligibilité de l’opération, estimer le volume de certificats et accompagner la constitution du dossier jusqu’au versement de la prime.
Comprendre l’intitulé des fiches d’opération standardisées
Les références des fiches d’opérations standardisées pour le tertiaire indiquent le secteur d’application, la catégorie de l’opération et son numéro d’identification. Ainsi, BAT-EN-102 signifie :
- BAT pour bâtiment tertiaire ;
- EN pour enveloppe ;
- 102 pour le numéro attribué à l’opération « Isolation des murs ».
Chaque fiche standardisée définit précisément les conditions techniques, les modalités de calcul et les justificatifs nécessaires à la délivrance des certificats. À titre de comparaison, la fiche BAT-EN-101 concerne l’isolation de combles ou de toitures.
Fiche CEE BAT-EN-102 : quel montant en kWh cumac obtenir ?
Le volume de certificats délivré pour une opération BAT-EN-102 est exprimé en kWh cumac. Cette unité correspond aux économies d’énergie conventionnelles cumulées pendant la durée de vie de l’isolation, puis actualisées. Le nombre de kWh cumac obtenu sert ensuite de base au calcul de la prime CEE.
Pour BAT-EN-102, le volume de CEE est calculé selon la formule suivante :
Montant forfaitaire en kWh cumac par m² × facteur correctif lié au secteur d’activité × surface d’isolant installée
Montant selon la zone climatique et l’énergie de chauffage
Le montant forfaitaire applicable à chaque mètre carré d’isolant dépend de la zone climatique dans laquelle se situe le bâtiment et de son énergie de chauffage. La fiche BAT-EN-102 distingue le chauffage électrique du chauffage utilisant un combustible.
Afin de déterminer votre zone climatique, vous pouvez vous reporter à la carte ci-dessous.
| Zone climatique | Chauffage électrique | Chauffage par combustible |
| H1 | 3 000 kWh cumac/m² | 4 800 kWh cumac/m² |
| H2 | 2 500 kWh cumac/m² | 3 900 kWh cumac/m² |
| H3 | 1 600 kWh cumac/m² | 2 600 kWh cumac/m² |
Le facteur correctif d’activité
Le facteur correctif dépend également du secteur d’activité des locaux. Il s’élève à :
| Secteur d’activité | Facteur correctif |
| Bureaux, enseignement et commerces | 0,6 |
| Hôtellerie et restauration | 0,7 |
| Santé | 1,3 |
| Autres secteurs | 0,6 |
Prenons l’exemple d’un cabinet d’expertise comptable situé à Bayonne, en zone climatique H2, et chauffé à l’électricité. L’entreprise fait installer 100 m² d’isolant sur ses murs. Les bureaux relèvent d’un facteur correctif de 0,6.
2 500 × 0,6 × 100 = 150 000 kWh cumac
L’opération BAT-EN-102 génère donc un volume conventionnel de 150 000 kWh cumac, qui pourra être valorisé sous forme de prime CEE. Le montant financier obtenu dépendra ensuite des conditions de valorisation proposées pour ces certificats.
BAT-EN-102 : quel est le montant de la prime CEE ?
Le montant de la prime dépend du volume de CEE généré par l’opération BAT-EN-102 et du niveau de valorisation proposé en euros par MWh cumac. Pour l’estimer, il convient de convertir les kWh cumac en MWh cumac, puis de multiplier le résultat par le prix de valorisation proposé :
Prime CEE estimée = volume de CEE en kWh cumac ÷ 1 000 × valorisation en €/MWh cumac
Il n’existe pas de montant réglementaire fixe pour la prime BAT-EN-102. Les conditions de valorisation varient selon :
- l’opérateur CEE;
- le volume de certificats généré;
- les conditions du marché;
- les modalités de traitement du dossier.
Un mandataire CEE peut comparer ou négocier les offres de valorisation, sécuriser les pièces justificatives et suivre le dossier jusqu’au paiement de l’aide par l’acteur financeur. À noter que la valorisation des CEE doit être organisée avant l’engagement de l’opération. Pour une entreprise, cette étape intervient notamment avant l’acceptation du devis, la signature du marché ou l’émission d’un ordre de service, selon le montage retenu. Une démarche engagée trop tard peut remettre en cause l’éligibilité du dossier.
Durée de vie conventionnelle de l’isolation des murs dans le tertiaire avec BAT-EN-102
La fiche BAT-EN-102 retient une durée de vie conventionnelle de 30 ans pour l’isolation des murs. Cette durée entre dans le calcul forfaitaire des économies d’énergie cumulées et actualisées servant à déterminer le volume de CEE. Elle ne constitue pas une garantie contractuelle sur la durée réelle de l’isolant.
Quelles fiches CEE peuvent compléter BAT-EN-102 ?
Selon les caractéristiques du bâtiment et le programme de travaux, d’autres opérations standardisées peuvent être réalisées en complément. Chacune doit toutefois respecter ses propres conditions techniques et administratives d’éligibilité :
- l’isolation de combles ou de toitures avec BAT-EN-101 ;
- l’isolation des toitures-terrasses avec BAT-EN-107 ;
- l’isolation d’un plancher avec BAT-EN-103 ;
- la mise en place de fenêtres ou portes-fenêtres complètes avec vitrage isolant avec BAT-EN-104 ;
- l’installation d’un système de gestion technique du bâtiment avec BAT-TH-116.
La réalisation de plusieurs opérations éligibles peut augmenter le volume total de CEE mobilisable. Toutefois, le choix des travaux doit reposer sur les besoins réels du bâtiment et sur une programmation cohérente, notamment pour articuler l’amélioration de l’enveloppe avec le dimensionnement et le pilotage des équipements.
BAT-EN-102 et BAR-EN-102 : quelle différence ?
BAT-EN-102 et BAR-EN-102 encadrent toutes deux l’isolation des murs, mais elles ne concernent pas les mêmes bâtiments. BAT-EN-102 s’applique aux locaux tertiaires existants réservés à une utilisation professionnelle, tandis que BAR-EN-102 vise les bâtiments résidentiels existants, individuels ou collectifs. Les deux fiches ne sont pas interchangeables. BAR-EN-102 prévoit notamment une visite technique avant l’établissement du devis, un délai minimal de sept jours francs entre l’acceptation du devis et le début des travaux ainsi qu’un signe de qualité spécifique pour le professionnel. Ces exigences ne doivent pas être transposées automatiquement à BAT-EN-102, dont les conditions et le barème doivent être examinés séparément.
BAT-EN-102 : comment Opéra Énergie accompagne votre projet ?
La valorisation de BAT-EN-102 doit être préparée avant l’engagement des travaux, puis suivie jusqu’à la constitution complète du dossier. L’éligibilité de l’opération dépend à la fois du respect des critères techniques et de la cohérence des devis, factures, attestations sur l’honneur et justificatifs associés.
Opéra Énergie accompagne les professionnels à chaque étape du projet :
- analyse de l’éligibilité du bâtiment et des travaux avant l’engagement de l’opération ;
- estimation du volume de kWh cumac et des conditions de valorisation de la prime ;
- vérification des critères techniques ainsi que des mentions portées sur les devis, factures et justificatifs ;
- constitution et suivi administratif du dossier CEE.
Cet accompagnement réduit le risque d’erreur ou de pièce manquante, facilite l’anticipation du financement et permet à l’entreprise de disposer d’un interlocuteur unique pour la valorisation de l’opération BAT-EN-102.
Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.
Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.