La compensation carbone est un ensemble d’actions visant à neutraliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’une structure donnée. Pour une entreprise, cela consiste à financer des projets permettant de réhabiliter des puits de carbone ou d’éviter les émissions de carbone à venir. Comment définir la compensation carbone ? Quelle stratégie mettre en place ? Quels bénéfices en attendre ?

Compensation carbone : définition

Le mécanisme de compensation carbone consiste à annuler ses émissions de gaz à effet de serre en contribuant à des projets de séquestration du CO2 ou d’éviter des rejets futurs. On peut ainsi atteindre la neutralité carbone.

On distinguera :

  • La compensation réglementaire ;
  • La compensation volontaire.

Comme l’explique l’Ademe, « la première s’effectue via un marché qui concerne les acteurs industriels dont les émissions ont été plafonnées dans le cadre d’une réglementation internationale comme le protocole de Kyoto. La compensation carbone dite « volontaire » permet à « tous les acteurs » de financer la réduction de ses propres émissions de gaz à effet de serre sans contraintes énergétiques. »

Compensation carbone réglementaire : quelles obligations pour les entreprises ?

La plupart des entreprises n’a pas d’obligation de compenser ses émissions de CO2. En effet, la compensation carbone réglementaire concerne les industries et grandes entreprises européennes soumises au marché du carbone. Il s’agit des entreprises :

  • de production d’électricité ;
  • de sidérurgie ;
  • les raffineries de pétrole ;
  • les cimentiers ;
  • la chimie ;
  • le chauffage urbain ;
  • les compagnies aériennes.

Cela représente environ 11000 sites dans toute l’Union européenne. Ces sites disposent d’un certain droit à polluer, d’un certain nombre de quotas carbone qu’elles peuvent échanger sur le marché du carbone européen.

Le fonctionnement du marché du carbone

Le marché européen du carbone fonctionne selon le principe du « pollueur-payeur ». Chaque année, les industries reçoivent une certaine quantité de quotas carbone à ne pas dépasser. 1 quota carbone équivaut à une tonne de CO2 dépensée. Ce plafond est réduit tous les ans.

Les entreprises qui dépassent leurs émissions de carbone doivent aller sur le marché du carbone pour acheter des quotas et compenser ainsi leurs rejets de CO2. A l’inverse, les industries qui ont respecté leurs quotas peuvent les vendre ou les épargner pour les années à venir.

Le fonctionnement de la compensation carbone volontaire

Les entreprises soumises ou non au marché peuvent avoir recours à la compensation volontaire. Il s’agit « d’annuler » ses émissions de CO2 en finançant des projets de séquestration de carbone. L’Ademe distingue plusieurs catégories de projets à financer :

  • la réhabilitation de puits de carbone, comme les forêts ou les mangroves ;
  • la participation au développement des énergies renouvelables (énergie solaire, éolienne, hydraulique, etc) ;
  • l’optimisation de la consommation d’énergie.

Les crédits carbone

Un crédit de carbone est un document  qui atteste que l’émission d’une tonne de dioxyde de carbone a été évitée ou séquestrée. En finançant certains projets environnementaux (reforestation, agroforesterie, etc.), l’entreprise peut obtenir un certain nombre de crédits carbone. Pour assurer la traçabilité des crédits carbone, des labels ont été mis en place.

Les labels de compensation carbone

Les standards carbone sont des labels qui garantissent que les crédits carbone servent à des projets de compensation carbone qui respectent certaines exigences de qualité. Les principaux labels internationaux sont :

  • Le label Voluntary Carbon Standard, VERRA, le label de compensation carbone le plus utilisé. Il porte une grande attention aux retombées économiques des projets financés ;
  • Le Gold Standard créé par la WWF, d’autres ONG et des universitaires ;
  • le programme REDD+ (Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation) des Nations Unis

Il en existe d’autres dont les critères d’octroi varient. En optant pour un projet labellisé, on s’assure que les fonds engagés permettent de tendre vers la neutralité carbone.

Pourquoi opter pour la compensation carbone volontaire en entreprise ?

1. Réduire son empreinte carbone

La compensation carbone permet de réduire l’empreinte carbone des entreprises, collectivités et industries. Ce faisant, on peut montrer son engagement dans l’écologie. Bien souvent, c’est aussi un moyen de répondre à des objectifs de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

2. La compensation carbone : un argument commercial

La compensation carbone peut constituer un argument de vente. Selon une étude de menée par l’Ifop pour l’Observatoire de la matérialité, 95% des Français souhaitent que les entreprises s’engagent en faveur des enjeux de société, notamment des enjeux environnementaux. La lutte contre le changement climatique fait donc partie des attentes de la part d’un bon nombre de consommateurs.

3. Anticiper les évolutions réglementaires

Pour l’instant, les obligations des entreprises sur la compensation carbone sont limitées. Toutefois, le cadre légal évolue. D’ici quelques années, il est possible que toutes les entreprises et collectivités soient soumises à des objectifs de réduction et compensation des émissions de CO2. En engageant dès à présent une démarche, on anticipe certaines évolutions réglementaires et l’on améliore son empreinte écologique.

Les limites de la compensation carbone

La compensation carbone peut être taxée de greenwashing ou « d’écoblanchiment » en français. En effet, si elle n’est pas assortie d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la compensation peut être vue comme un moyen de continuer à polluer.

Pour respecter l’Accord de Paris et limiter la hausse des températures à 2°C à horizon 2100, c’est « la réduction des émissions de GES qui doit être privilégiée et être mise en œuvre en priorité et au plus vite » selon l’Ademe.

Comment mettre en place la compensation carbone en entreprise ?

Pour mettre en place une stratégie de compensation carbone en entreprise, il faut commencer par analyser ses émissions de CO2 au travers d’un bilan carbone. On peut ensuite les réduire puis opter pour l’achat de crédits carbone.

Bilan carbone

Un bilan carbone est un audit des émissions de CO2 d’une entreprise ou d’une collectivité. Cela lui permet de mesurer son impact environnemental et lui donne une base pour entamer un plan de réduction des émissions de carbone ou de décarbonation de son industrie.

Réduction des émissions de CO2

En faisant baisser ses émissions de CO2, on contribue à lutter contre le réchauffement climatique. Pour ce faire, le mieux est d’engager des travaux d’efficacité énergétique. En réduisant la consommation de ses équipements et bâtiments, on diminue les gaspillages énergétiques.

Pour entamer des travaux de rénovation thermique, il est possible de bénéficier d’aides à la rénovation comme la Prime Energie. Lancée dans le cadre des Certificats d’Economies d’Energie (CEE), elle permet aux fournisseurs d’énergie et aux vendeurs de carburant de compenser les rejets de CO2 de leurs clients professionnels et particuliers. Elle peut financer une partie de chantier de rénovation (isolation, changement du système de chauffage, amélioration des performances des appareils industriels, etc.).

L’achat de crédits carbone

Comme le souligne le fournisseur Butagaz, une fois les rejets de CO2 réduits, l’entreprise peut « compenser les émissions restantes par le financement de projets de réduction ou de capture du dioxyde de carbone, localement ou sur n’importe quel territoire puisque nous avons vu que l’impact sur le réchauffement climatique est global ».

Pour cela, elle peut choisir d’acheter des crédits carbone à un porteur de projet ou un intermédiaire spécialisé dans la compensation carbone.

L’achat de gaz compensé carbone et d’électricité durable : un moyen de s’engager dans la transition énergétique

Certains fournisseurs d’énergie commercialisent des offres de gaz naturel ou d’électricité compensées carbone. Le fournisseur s’engage à compenser les émissions de CO2 de son client par l’achat de crédits carbone. D’autres vont plus loin en proposant des offres d’énergie verte. Ces offres de biogaz et d’électricité verte permettent de financer le développement des énergies renouvelables. Pour trouver l’offre la plus adaptée à votre besoin et à votre budget d’entreprise, n’hésitez pas à faire appel à un courtier en énergie.