Engie ou un fournisseur alternatif de gaz : qui est le moins cher ?

Choisir le contrat de gaz le plus compétitif peut vite faire réaliser de substantielles économies, notamment lorsqu’on est chauffé au gaz ou que cette énergie entre dans ses process de production. N’hésitez donc pas à mettre en concurrence les différents fournisseurs d’énergie afin de souscrire l’offre de gaz la plus avantageuse possible. 

Il est habituel de mettre Engie et les autres fournisseurs de gaz en balance puisque seul le gazier historique Engie ex GDF Suez (ainsi que localement quelques entreprises locales de distribution) peut commercialiser des offres aux Tarifs réglementés de vente. Une offre d’énergie aux Tarifs réglementés de vente est une offre dont le prix n’évolue pas librement mais est fixé par l’Etat. Dans le cas du gaz, le prix varie mensuellement en fonction, entre autres, de l’évolution du cours des matières premières.

Mais la question n’est pas si simple. Si, aujourd’hui, les professionnels avec une consommation inférieur à 30 000 kWh / an  et les copropriétés avec une consommation inférieure 150 000 kWh peuvent souscrire aux TRV gaz, ce ne sera plus le cas dès 2020. Depuis 2014, les autres profils de consommateurs ont déjà dû forcément souscrire une offre de marché, que peut aussi bien proposer Engie que des opérateurs alternatifs.  Ces contrats à tarif de marché peuvent soit être à prix fixe (leur prix reste identique tout le long de la durée de vie du contrat, et ce de 1 à 3 voire 4 ans) soit à prix indexé (le prix réplique les évolutions du tarif réglementé tout en se positionnant toujours un certain % en dessous).

Que faut-il regarder pour trouver le fournisseur de gaz le moins cher ?

Évidemment, le prix du kWh est la première chose que l’on va vérifier. Cependant, sachez qu’un prix du kWh très bas peut parfois être compensé par un abonnement très cher : résultat, alors que vous pensiez souscrire auprès du fournisseur de gaz le moins cher, vous ne faites vraiment pas une bonne affaire.

Au-delà du prix du gaz, d’autres critères sont aussi à prendre en compte.

Préférez ainsi comparer des prix toutes taxes comprises… et elles sont nombreuses :  la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA), la Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel (TICGN), (qui depuis 2016 intègre la CTSSG-Contribution au Tarif Spécial de Solidarité- et la CSPG -Contribution au Service Public du Gaz-) ainsi que la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) pèsent lourd sur la facture d’énergie, près d’1/5 exactement.

N’hésitez pas non plus à questionner votre fournisseur sur les services liés à son offre : quels sont-ils ? Sont-ils tous gratuits ou ceux qui pourraient être intéressants pour vous sont-ils facturés en supplément ? Quelles modalités de paiement sont imposées ? La mise en relation avec le service clientèle est-elle facturée ? A combien ? Sur combien de temps vous engagez-vous ? Avez-vous un délai possible de rétractation ?

De même, quelles sont les modalités de résiliation ? Les pénalités de résiliation sont-elles élevées ?

En changeant pour un fournisseur de gaz moins cher, vais-je subir des coupures d’énergie ?

Voilà un préjugé qui a la vie dure : la qualité de la fourniture d’énergie, en gaz comme en électricité d’ailleurs, ne dépend pas du fournisseur choisi mais de l’activité « réseau », autrement dit du gestionnaire de réseau.

Non seulement le gaz naturel est le même quel que soit l’opérateur d’énergie sélectionné, mais le transport et l’acheminement jusqu’au lieu de consommation sont assurés de manière neutre et indépendante par les gestionnaires de réseau GRDF et GRTgaz. Plus précisément, GRTgaz est responsable du réseau de transport de gaz naturel ; il a également la charge de raccorder les clients industriels au réseau haute pression. GRDF, quant à lui, est responsable de l’acheminement et a la charge de raccorder au réseau basse tension les particuliers, professionnels et entreprises. C’est encore le gestionnaire de réseau GRDF qu’il faut contacter en cas de dysfonctionnement ou de panne des installations extérieures : lui-seul est habilité à intervenir et assure les services d’urgence et de dépannage (ainsi que quelques Entreprises Locales de Distribution qui sont en situation de monopole sur des territoires délimités). Et non, changer de fournisseur de gaz pour souscrire un contrat moins cher ne nécessite pas de changement de compteur hormis si vous changez de consommation annuelle !

Et si vous payiez votre gaz moins cher en optimisant votre facture d’énergie ?

Savez-vous que certains professionnels peuvent prétendre à une exonération partielle ou totale de la TICGN ?

Une entreprise peut ainsi bénéficier d’une exonération totale lorsqu’elle emploie le gaz : 

  • autrement que comme combustible (notamment comme matière première),
  • à un double usage dans certains procédés métallurgiques, de réduction chimique ou d’électrolyse,
  • pour la fabrication de produits minéraux non métalliques,
  • pour la fabrication de produits énergétiques,
  • pour la production d’électricité,
  • pour les besoins de son extraction et de sa production,
  • pour le biométhane (injecté dans les réseaux de distribution).

Une entreprise peut bénéficier d’une exonération partielle lorsqu’elle est grande consommatrice d’énergie et qu’elle appartient à la catégorie des entreprises soumises au marché des quotas de gaz à effet de serre  (GES) ou que son activité est exposée à un risque de fuite carbone.

« Les exploitants agricoles qui utilisent du carburant pour les besoins de leur activité agricole peuvent quant à eux « se faire rembourser une partie des taxes perçues sur leurs dépenses réelles de carburant pour les véhicules agricoles au cours de l’année précédente. »

Réduire sa facture de gaz pro en baissant les coûts d’acheminement : une option envisageable pour les sites gazo-intensifs

Les sites dits gazo-intensifs sont les entreprises industrielles qui utilisent le gaz naturel comme matière première ou comme source d’énergie. Si, de plus, leur activité est soumise à la pression de la concurrence internationale, elles peuvent demander à bénéficier de conditions particulières d’approvisionnement et d’accès aux réseaux de transport et de distribution de gaz naturel.

Concrètement, ils peuvent couvrir plus de la moitié de leurs besoins à un prix fixé : « le maintien d’un prix d’accès à l’énergie bon marché pour les industries les plus consommatrices relève non seulement d’un enjeu de compétitivité mais aussi de souveraineté : les entreprises gazo-intensives (fabrication de verre, chimie, métallurgie) constituant le socle du tissu industriel français. »