Dans le cadre des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), la fiche BAR-EN-101 encadre les travaux d’isolation des combles perdus ou des rampants de toiture dans les bâtiments résidentiels existants. Elle peut concerner une maison individuelle comme une copropriété, à condition de respecter les exigences techniques, les règles de pose et les justificatifs prévus par la fiche. Comment fonctionne BAR-EN-101 et comment estimer la prime CEE associée à ces travaux ?

BAR-EN-101 : une fiche CEE pour l’isolation des combles et des rampants de toiture

Les fiches d’opérations standardisées CEE définissent les conditions à respecter pour valoriser certains travaux d’économies d’énergie. La fiche BAR-EN-101 concerne la mise en place d’un procédé d’isolation thermique en combles perdus ou en rampants de toiture dans un bâtiment résidentiel existant.

Ce procédé associe un matériau isolant à des dispositifs de fixation et de protection adaptés : revêtements, parements, membranes continues, lorsque cela est nécessaire. Ces éléments protègent l’isolation contre les dégradations liées à l’humidité, au vent, aux chocs, au feu ou encore aux variations de l’environnement intérieur et extérieur.

Applicable depuis le 1er janvier 2025, la fiche BAR-EN-101 vA64.6 sera abrogée à compter du 1er mai 2027. Pour les opérations engagées en 2026, il est donc important de vérifier la version de la fiche utilisée au moment du montage du dossier CEE.

Bon à savoir : comment lire le code BAR-EN-101 ?

Les fiches d’opérations standardisées se présentent toutes sur le même modèle. Elles sont assorties d’un code :

  • BÂtiment Résidentiel (BAR), lorsque les travaux sont menés dans le résidentiel collectif ou individuel ;
  • ENveloppe (EN) pour les travaux d’isolation ou d’amélioration de l’enveloppe du bâtiment ;
  • 101, le numéro associé à l’isolation des combles perdus ou des rampants de toiture.

À titre de comparaison, la fiche BAR-EN-102 traite de l’isolation des murs dans le secteur résidentiel. BAT-EN-101 concerne l’isolation des combles ou de la toiture dans le tertiaire.

Fiche BAR EN 101 : quels critères de performances respecter ?

Pour respecter les exigences de la fiche standardisée BAR-EN-101 et pouvoir valoriser l’opération dans le cadre des CEE, la résistance thermique R de l’isolation installée doit être au minimum de :

  • 7 m².K/W en combles perdus ;
  • 6 m².K/W en rampants de toiture.

La résistance thermique de l’isolation déjà en place n’est pas prise en compte pour atteindre ces seuils. La performance doit donc être évaluée sur l’isolation nouvellement installée.

Selon la nature de l’isolant, la résistance thermique doit être évaluée selon les normes NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939 pour les isolants non réfléchissants, et selon la norme NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants. Un pare-vapeur, ou un dispositif équivalent, doit également être prévu lorsqu’il est nécessaire de protéger l’isolation contre les transferts d’humidité.

Fiche standardisée BAR-EN-101 isolation de combles ou de toitures : pourquoi faire appel à un professionnel qualifié ?


La mise en place de l’isolation doit être réalisée par un professionnel titulaire d’un signe de qualité conforme aux exigences prévues par la fiche BAR-EN-101. Cette qualification permet de sécuriser l’éligibilité de l’opération aux CEE, mais aussi la conformité des travaux réalisés.

Avant l’établissement du devis, le professionnel doit effectuer une visite technique du bâtiment. Cette étape permet de vérifier que l’isolation prévue est adaptée aux combles ou à la toiture concernés. Lorsque de l’isolation existe déjà, le professionnel doit aussi déterminer si elle peut être conservée, remise en état ou déposée lors des travaux.

Un délai minimal de 7 jours francs doit ensuite être respecté entre la date d’acceptation du devis et le début des travaux, c’est-à-dire la pose de l’isolant.

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Comment attester que l’opération BAR-EN-101 a été réalisée ?

La preuve de réalisation de l’opération standardisée BAR-EN-101 doit permettre d’identifier précisément les travaux réalisés et l’isolant installé. Elle doit notamment mentionner :

  • la mise en place d’une isolation de combles ou de toiture ;
  • les marque et référence de l’isolant posé ;
  • l’épaisseur et la surface d’isolant installé ;
  • la résistance thermique de l’isolation mise en place ;
  • la date de la visite technique du bâtiment ;
  • les aménagements nécessaires à la pose (coffrage ou écran de protection autour des conduits de fumée et des dispositifs d’éclairage encastrés, rehausse rigide au-dessus de la trappe d’accès, pare-vapeur ou dispositif équivalent si nécessaire).

Ces informations sont importantes pour sécuriser le dossier CEE. En cas de mention incomplète, la fiche prévoit que la preuve de réalisation puisse être complétée par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité, précisant notamment les caractéristiques thermiques du matériau installé.

Quelle est la durée de vie conventionnelle de BAR-EN-101 ?

La durée de vie conventionnelle de l’opération BAR-EN-101 est fixée à 30 ans. Cette durée sert à calculer les économies d’énergie cumulées et actualisées générées par l’isolation des combles ou des rampants de toiture.

Quel montant de CEE génère la fiche BAR-EN-101 en kWh cumac ?

Pour mesurer les économies d’énergie générées par une opération CEE, le dispositif utilise le kWh cumac, pour “cumulé et actualisé”. Cette unité tient compte des économies d’énergie réalisées sur la durée de vie conventionnelle de l’opération.

Pour BAR-EN-101, le volume de CEE dépend de deux éléments : la zone climatique du bâtiment et la surface d’isolant posé. Le calcul s’effectue selon la formule suivante :

Montant de CEE = montant en kWh cumac/m² selon la zone climatique × surface d’isolant posé

Montant en kWh cumac par m² d’isolant en fonction de la zone climatiqueXSurface d’isolant (m2)
H1H2H3S
1 7001 400920
Montant de certificats en kWh cumac

Le découpage en zones climatiques permet d’adapter le volume de CEE au climat local. Une opération située en zone H1 génère donc davantage de kWh cumac qu’une opération équivalente en zone H3, car les besoins de chauffage y sont plus élevés.

Prenons un exemple. Une copropriété située à Caen, en zone H1, fait isoler 100 m² de combles perdus :

1 700 × 100 = 170 000 kWh cumac

L’opération génère donc 170 000 CEE, avant conversion en prime selon les conditions proposées par l’opérateur CEE. Pour rappel, 1 kWh cumac correspond à 1 CEE.

Zones climatiques CEE
Zones thermiques en France

BAR-EN-101 : comment estimer le montant de la prime CEE en euros ?


La fiche BAR-EN-101 fixe un volume de CEE en kWh cumac, mais elle ne fixe pas directement le montant de la prime en euros. Celui-ci dépend du volume de CEE généré, du prix de valorisation proposé par l’opérateur CEE et des conditions propres à chaque offre.

Pour une copropriété, comparer les offres avant d’engager les travaux permet donc d’identifier la valorisation la plus adaptée au projet.

Ce point est d’autant plus important que la prime CEE en copropriété doit être anticipée dans le plan de financement, avant la signature du devis et le lancement du chantier.

Peut-on cumuler la prime BAR-EN-101 avec MaPrimeRénov’ Copropriété ?

La prime CEE liée à BAR-EN-101 peut être mobilisée en complément de MaPrimeRénov’ Copropriété, l’aide de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) destinée aux travaux de rénovation énergétique réalisés dans les parties communes d’un immeuble. L’isolation des combles peut donc s’intégrer dans un projet plus global de rénovation énergétique en copropriété.

MaPrimeRénov’ Copropriété peut financer 30 % ou 45 % du montant des travaux, dans la limite de 25 000 € par logement, selon le gain énergétique obtenu après travaux. Pour en bénéficier, la copropriété doit notamment :

  • être immatriculée et à jour au registre national des copropriétés;
  • avoir été construite depuis au moins 15 ans ;
  • atteindre un gain énergétique minimal de 35 %.

La condition liée aux résidences principales dépend de la taille de la copropriété : au moins 65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins, et au moins 75 % pour les copropriétés de plus de 20 lots.

Quels contrôles prévoir pour l’isolation des combles ou de la toiture avec BAR-EN-101?

Les opérations BAR-EN-101 peuvent faire l’objet de contrôles dans le cadre du dispositif des CEE. Ces vérifications visent à s’assurer que les travaux réalisés correspondent bien à l’opération déclarée et que les conditions de la fiche sont respectées.

Les contrôles peuvent être réalisés sur le lieu de l’opération ou par contact. Ils portent notamment sur :

  • la nature de l’isolant;
  • la surface posée;
  • l’épaisseur;
  • la résistance thermique;
  • la qualité de mise en œuvre;
  • les protections nécessaires autour des conduits de fumée ou des éclairages encastrés;
  • la cohérence des justificatifs fournis.

Pour limiter les risques de non-conformité, le dossier CEE doit donc être préparé dès l’amont : visite technique, devis, preuve de réalisation, attestation sur l’honneur et qualification du professionnel doivent être cohérents entre eux.

Pourquoi faire appel à Opéra Énergie pour valoriser une opération BAR-EN-101 ?

Pour sécuriser une opération BAR-EN-101 en copropriété, connaître le montant de la prime CEE ne suffit pas à arbitrer la prise de décision. La conformité technique, les justificatifs et le choix du mandataire CEE doivent être anticipés avant l’engagement des travaux, afin de valoriser correctement l’isolation des combles ou des rampants de toiture.

Mandataire CEE, Opéra Énergie accompagne les copropriétés, syndics et professionnels dans l’estimation du montant des CEE mobilisables, la comparaison des offres et la sécurisation du dossier avant le lancement du chantier. Notre objectif consiste à intégrer les CEE dans un plan de financement fiable pour la copropriété, sans fragiliser l’éligibilité de l’opération.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.