Bien comprendre sa facture d’électricité peut devenir un levier d’économies pour les entreprises. En effet, il s’agit d’un document essentiel pour votre trésorerie. Mais entre les tarifs, les taxes, les mentions obligatoires et les données de consommation, il n’est pas toujours facile de la lire. Ce guide vous aide à la déchiffrer.

Composition de la facture d’électricité

Trois éléments essentiels composent une facture d’électricité :

  • La fourniture, à savoir : le prix de l’électricité et la rémunération du fournisseur ;
  • L’acheminement de l’énergie que l’on paie au travers du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) ;
  • Les taxes et contributions sur l’électricité, qui représentent une partie non négligeable de la facture.

De manière générale, la répartition des coûts est assez équilibrée. Chaque composante représente environ un tiers de la facture. Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), pour un profil C5, c’est-à-dire un consommateur avec un compteur d’une puissance inférieure à 36 kVA, les dépenses sont ainsi structurées :

  • 35% liées à la fourniture ;
  • 33% liées à la fiscalités et aux taxes ;
  • 32% du fait de l’acheminement.

Pour les entreprises et collectivités de taille plus importante, la répartition est un peu différente. Elle varie au cas par cas, en fonction de la consommation et de l’activité de la structure.

La fourniture : première composante de la facture d’électricité pro

La fourniture correspond aux prix pratiqués par le fournisseur. Comme l’explique la CRE, ils incluent les « coût de production ou d’approvisionnement en électricité, coûts commerciaux, marge ou rémunération retenue par le fournisseur. C’est l’optimisation de ces coûts qui permet au fournisseur de différencier le prix de son offre ».

Ces prix de fourniture sont scindés en deux :

  • L’abonnement à l’électricité, partie fixe, qui dépend de la puissance de votre compteur et de l’option tarifaire choisie (heures pleines / heures creuses, base ou horosaisonnalités) ;
  • Le prix de votre consommation (en kWh), partie variable en fonction de votre usage ;

Zoom sur l’abonnement

La partie fixe comprend le coût de l’abonnement pour une puissance donnée. Plus la puissance est importante, plus le prix aura tendance à grimper. De la même manière, bien souvent l’abonnement est moins cher en option base qu’en option heures pleines / heures creuses.

Zoom sur la consommation en kWh

Le prix variable de la facture dépend de la consommation. Ainsi, plus vous consommez, plus son montant sera élevé. Le prix du kWh dépend de l’option tarifaire de votre compteur (base ou heures pleines / heures creuses), et de l’offre contractuelle proposée par le fournisseur.

Le détail de la consommation et de son prix par kWh est mentionné sur votre facture sur une période donnée.

La consommation peut se présenter de deux façons :

  • Sur la base de votre consommation réelle (en fonction de l’auto-relève que vous avez vous même pratiquée ou de l’index de consommation transmis à votre fournisseur par Enedis) ;
  • Sur la base d’une estimation réalisée en début de contrat par votre fournisseur en fonction de votre consommation passée ou à partir de profils de consommation similaires au vôtre.

Si vous êtes facturé au réel, le montant de votre facture variera chaque mois. Si vous avez opté pour un mode de facturation mensualisé, vous paierez chaque mois le même montant. Une facture de régularisation vous sera envoyée le 12 du mois. Comme le met en avant Engie, « elle permet d’établir la somme exacte que vous devez verser pour payer la totalité de vos consommations, ou que l’on doit vous rembourser en cas de trop-perçu ».

Bon à savoir

Le tarif de référence est aujourd’hui le Tarif Réglementé de Vente (TRV) de l’électricité, à savoir le Tarif Bleu. Il est pratiqué par le fournisseur historique EDF pro. Il disparaîtra au 31 décembre 2020 pour les PME et petites et moyennes collectivités de plus de 10 salariés avec un CA supérieur à 2 millions d’€ annuel. Ces consommateurs devront obligatoirement passer en offre de marché. Pour trouver l’offre la moins chère, ils peuvent utiliser un comparateur d’électricité. C’est gratuit et sans engagement.

Déchiffrer sa facture d’électricité : quid des tarifs d’acheminement ?

Les tarifs d’acheminement permettent de financer le transport et la distribution de l’électricité, assurés par RTE et Enedis. On les paie par le biais du TURPE.

La plupart des entreprises sont en Contrat Unique. Cela signifie que l’acheminement est compris dans la facture d’électricité. Le fournisseur se charge de récolter le TURPE et de le reverser à Enedis.

Mais, dans certains cas, le fournisseur ne prévoit pas l’acheminement dans le devis. Le consommateur doit alors signer directement un :

  • Contrat d’accès au réseau de distribution (CARD) avec Enedis ;
  • Contrat d’accès au réseau de transport (CART) avec RTE, pour les sites raccordés en haute tension.

Le TURPE peut représenter jusqu’à 40% de la facture d’électricité. C’est non négligeable. Cela étant, il est possible de l’optimiser en choisissant bien sa version tarifaire. D’autre part, certaines entreprises peuvent bénéficier d’un abattement. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à faire un point avec les conseillers d’Opéra Energie au 04 84 31 02 26 .

Les taxes sur l’électricité

A ces deux principales composantes s’ajoutent les taxes, qui représentent une partie importante de la facture.

La Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE)

Portée à 22,5 € / MWh, la CSPE est une des taxes principales sur l’électricité.

Elle vise notamment à financer le développement des énergies renouvelables et la péréquation tarifaire.

Selon le fournisseur Selia, elle représente 15% de la facture d’électricité d’une entreprise et « 27% pour un client industriel ».

Cela étant, il est possible sous certaines conditions d’obtenir une exonération partielle ou totale de la CSPE. Nos conseillers peuvent vous accompagner sur ce sujet.

La Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA)

Cette taxe permet de financer le régime de retraite des salariés des industries électriques et gazières de France. Son assiette est calculée sur la part fixe du TURPE.

La Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité( TCFE)

Il s’agit d’un impôt local. Elle varie donc selon le lieu d’habitation. Elle dépend de l’énergie consommée, de la puissance souscrite et du statut.

La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

C’est un impôt général sur la consommation de biens et de services situés en France. Différents taux de TVA sont appliqués sur l’énergie. Ce phénomène peut complexifier la lecture de la facture d’électricité. 

La TVA s’applique de la manière suivante :

  • Une TVA réduite à 5,5% sur le montant de l’abonnement ainsi que sur la CTA ;
  • Une TVA à 20% sur le prix du kWh, sur la CSPE et sur les TCFE.

Quelles autres informations figurent sur votre facture ?

Bien comprendre sa facture d’électricité signifie aussi bien maitriser les informations qui y sont écrites. En dehors du montant de la facture, certaines mentions obligatoires doivent apparaitre comme :

  • Les numéro de référence client et de contrat ;
  • Le numéro de Point de Livraison (PDL) ;
  • Les coordonnées du client, et notamment l’adresse du site de consommation et du siège de l’entreprise ;
  • L’offre souscrite ;
  • Le prix du kWh et de l’abonnement HT et TTC 
  • Le numéro de référence de la facture, sa date d’émission et sa date limite de paiement ;
  • La date de la prochaine facture et du prochain relevé des index du compteur ;
  • Les modalités de règlement (CB, virement, chèque, prélèvement automatique) et le mode de facturation (au réel ou estimé) ;
  • L’historique de consommation : les anciens et nouveaux index de consommations. 
Infographie Comprendre et déchiffrer sa facture d'électricité

Le fournisseur peut y adjoindre un graphique de suivi de consommation. Il doit également faire état des prestations annexes auxquelles le client a souscrit.

Comprendre les variations de la facture d’électricité

Enfin, pour bien lire sa facture d’électricité pro, il convient de voir comment celle-ci évolue dans le temps. En effet, de nombreux facteurs peuvent influer sur son montant.

Isolation et performance énergétique des locaux

Le chauffage représente parfois plus de 50% des dépenses en énergie d’une entreprise. Et cela peut encore grimper si l’isolation fait défaut. C’est pourquoi, il est important pour les pros de réaliser un audit énergétique de leur bureau. Ils pourront mettre en avant les ponts thermiques et entamer des travaux de rénovation.

D’autant plus que via le dispositif des Certificats d’Economies d’Energie (CEE), les fournisseurs peuvent prendre en charge des travaux d’isolation ou de changement de chaudière chez les pro. Bien souvent, on entend parler de ces aides sous le nom de Prime Energie. Tous les professionnels y sont éligibles.

Équipements et consommation électrique

Les appareils électriques ont bien évidemment une incidence sur la facture d’énergie. Ainsi, selon l’Ademe, les équipements informatiques représentent 21% des consommation d’une entreprise de bureau.

Et, lorsque la facture monte en flèche, c’est parfois le fait d’un ou plusieurs appareils :

  • subissant un dysfonctionnent entrainant une surconsommation
  • laissés en veille. L’Ademe estime qu’il est possible de faire jusqu’à 11% d’économies d’énergie au bureau en éteignant bien les appareils en veille.

Cela peut aussi être dû à l’achat d’un nouvel équipement. Pour minimiser le poids de l’électroménager et des machines, il convient d’en regarder l’étiquette énergie.

Evolution des tarifs d’acheminement ou des taxes sur l’énergie

Certaines évolutions sont parfois indépendantes des actions d’une entreprise. En effet, les révisions du TURPE ou des taxes sur l’énergie peuvent entrainer des hausses des factures.

C’est là qu’interviennent les courtiers, comme Opéra Energie. Ils aident gratuitement les professionnels à réaliser une optimisation fiscale de leurs factures d’électricité.