L’énergie fait partie des postes de dépenses incontournables des entreprises et collectivités territoriales. En effet, impossible de se passer de l’électricité. Mais, à combien évalue-t-on la facture d’électricité moyenne mensuelle des pros ? Comment estimer sa consommation d’énergie ?

Entreprises et collectivités : consommation moyenne d’électricité et montant de la facture en 2021

Pour bien déterminer quel est le montant moyen de la facture d’électricité des entreprises, il convient de faire un point sur la consommation d’énergie en France.

Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), « L’ensemble du marché représente, au 30 juin 2021, 38,7 millions de sites ». Cela correspond à environ 422 TWh de consommation annuelle d’électricité totale pour l’Hexagone.

Si l’on entre dans le détail, on peut voir qu’il existe 4 grands profils de consommateurs sur marché :

  • Les « grands sites non résidentiels » ou profils « Tarif Vert » : il s’agit des structures dont la puissance souscrite est supérieure ou égale à 250 kVA. En général, il s’agit de sites industriels, d’hypermarchés, d’hôpitaux, des grandes collectivités locales, etc. D’après la CRE, ces sites consomment 40% de l’électricité nationale ;
  • Les « sites moyens non résidentiels » ou profils « Tarif Jaune » : Les entreprises dont la puissance de compteur oscille entre 36 et 250 kVA. Elles représentent 13% de la consommation française ;
  • Les « petits sites non résidentiels » ou profils « Tarif Bleu », dont la puissance souscrite reste inférieure ou égale 36 kVA. Ce sont souvent des petites entreprises ou professionnels (commerçants, artisans, professions libérales, etc.). Ils représentent 9% de la consommation du pays ;
  • Les sites résidentiels, les particuliers dont la puissance de compteur est également comprise entre 3 et 36 kVA. Les ménages consomment 38% de l’électricité en France.

Les entreprises et collectivités sont les premiers consommateurs d’électricité de l’Hexagone. Tous segments confondus, au 30 juin 2020, elles présentent une consommation annualisée d’environ 256,03 TWh, soit 62% de la consommation totale, contre 157,24 TWh pour le secteur résidentiel.

Infographie sur la répartition de la consommation en électricité par segment de clientèle

Profil Tarif Bleu : facture moyenne d’électricité des petits pros

En nombre, les entreprises au profil « Tarif Bleu » sont les plus importantes. On compte environ 4,64 millions de sites.

Paradoxalement, en quantité d’énergie consommée, c’est le plus petit segment. La consommation totale des petits pros est évaluée à 39 TWh par an, soit 49 000 GWh. Par un rapide calcul, il est possible alors d’estimer la consommation moyenne de ces entreprises.

39 000 / 4 640 000 = 0,008405 GWh soit 8405 kWh

En moyenne, chacun de ces sites consomme environ 8405 kWh par an. Le montant de la facture varie ensuite selon le fournisseur choisi. Toutefois, 30% des petits sites résidentiels restent souscrits au tarif réglementé d’EDF. On peut donc se baser sur ce tarif pour établir la facture moyenne d’électricité pro. Il ne s’agit pas de l’offre la moins chère, mais il sert de baromètre des prix de l’électricité.

Prenons l’exemple d’un client au Tarif Bleu en option base avec un compteur d’une puissance de 9 kVA. Au 1er septembre 2021, le prix du kWh au tarif réglementé est de 0,1393 € HTVA. A cela s’ajoute le montant de l’abonnement à l’électricité (la partie fixe de la facture) porté à 205,56 €. Cela représente une facture annuelle d’électricité de 1376,37 € (HTVA).

(8405 x 0,1393) + 205,56 = 1376,37

Par mois, cela fait environ 114,69 € de dépenses en électricité.

A noter

Le tarif bleu est le tarif réglementé de vente (TRV) de l’électricité pratiqué par EDF, le fournisseur historique d’électricité et les Entreprises locales de Distribution (ELD). Encore en vigueur aujourd’hui, son montant est fixé par la CRE. Il s’adresse aux entreprises :

  • dont la puissance de compteur est inférieure ou égale à 36 kVA ;
  • qui présentent moins de 10 employés ;
  • et dont le bilan est inférieur à 2 millions d’euros.

Pour le reste des petits pros, le Tarif Bleu de l’électricité a pris fin au 1er janvier 2021. Le « Tarif Jaune » et le « Tarif Vert » sont les anciens tarifs réglementés. Ils ont été supprimés en 2016, mais les appellations sont restées.

Profil tarif jaune : quelle consommation d’électricité ?

Concernant les entreprises de taille moyenne, il existe environ 478 000 au 30 juin 2021. La CRE estime qu’elles consomment en tout 56 TWh d’électricité soit 56 000 GWh. Au total, cela représente 0,111754 GWh d’électricité par année, à savoir 117 540 kWh.

En revanche, il est très difficile d’établir une facture moyenne. En effet, le prix varie d’un fournisseur à l’autre et les grilles tarifaires ne sont pas disponibles. Les tarifs évoluent bien souvent en fonction des cours de l’électricité. C’est pourquoi du jour au lendemain, les devis peuvent varier.

Profil tarif vert : quelle consommation d’énergie pour les industries ?

Enfin, les consommateurs industriels ne représentent que 45 000 sites. Mais, ce sont ceux qui consomment le plus. En totalité, on leur attribue 170 TWh de consommation à l’année. Cela correspond à environ 3,77 GWh de consommation annuelle en moyenne chacun.

Comme pour les tarifs jaunes, les grilles tarifaires ne sont pas exposées sur les sites des fournisseurs. Pour se faire une idée du montant moyen de la facture, il convient de demander différents devis le même jour.

Facture d’électricité : bien la comprendre et l’estimer

Le montant de la facture d’électricité dépend de vos locaux et de votre coeur de métier. Ainsi, une clinique n’aura pas les mêmes besoins qu’un fleuriste, qu’un garagiste ou qu’un boulanger.

C’est pourquoi, il vaut mieux se baser sur une estimation de sa facture plutôt qu’observer les chiffres globaux de la consommation en France.

La structure de la facture

Pour bien comprendre ses dépenses en énergie, encore faut-il bien savoir comment se décompose la facture.

Le montant de la facture d’électricité se structure autour de trois composantes :

  • le prix de la fourniture avec une partie fixe, l’abonnement à l’électricité et le prix du kWh lié aux consommations ;
  • Le tarif de l’acheminement de l’électricité, le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) ;
  • les taxes sur l’énergie.

Dans l’ensemble, on considère que chaque composante représente environ 1/3 de la facture. En fonction de votre activité, ces chiffres peuvent varier. Par exemple, le TURPE correspond parfois à 40% de la facture d’électricité.

Électricité : quels postes de dépenses ?

Chaque professionnel a des besoins différents en électricité selon son activité et son profil de consommation. Il est donc difficile de faire une réparation généraliste sur la facture.

L’Ademe estime que 50 % des consommations d’énergie au bureau sont liées au chauffage et que 21% de consommation d’électricité d’une entreprise de bureau  provient des appareils informatiques. Cela étant, ces chiffres varient d’une entreprise à l’autre.

La consommation électrique est généralement proportionnelle à la surface occupée et au nombre d’équipements électriques utilisés dans ses locaux. Pour mieux connaître sa consommation et donc comprendre sa facture, il est important de prendre en considération les facteurs suivants :

  • La surface de votre local ou de vos bureaux ;
  • Le mode de chauffage utilisé (gaz, électricité, bois, fioul, etc.) ;
  • Le mode de production d’eau chaude ;
  • L’énergie de cuisson ;
  • Le nombre d’appareils électriques nécessaires à votre activité et leurs performances énergétiques (vous pouvez en savoir plus en vous basant sur l’étiquette énergie) ;
  • L’éclairage. Des ampoules à incandescence auront tendance à surconsommer par rapport aux ampoules basse consommation ou aux LED ;
  • Le nombre d’employés dans vos locaux ;
  • Les heures d’ouvertures et de fermetures, etc.

Le calcul manuel de la consommation apparaît donc comme fastidieux. Pour vous faire une idée de votre usage de l’électricité vous pouvez vous basez sur :

  • Les factures précédentes. Faites simplement attention à vote mode de facturation. Si vous êtes facturés au réel, vous pourrez suivre l’évolution facture par facture. A l’inverse si vous êtes facturés sur la base d’une estimation, pensez à vous baser sur la facture de régularisation ;
  • Le suivi de consommation Linky sur votre espace client Enedis. Il est uniquement indiqué en kWh. Pour plus de facilité, la plupart des fournisseurs proposent un suivi en euros et en kWh sur l’espace client. Il faudra alors vous rendre sur « mon compte pro EDF » ou « Mon compte pro Engie », l’espace client TotalEnergies Pro, etc.

Diminuer ses factures d’électricité pro

Estimer sa consommation permet ensuite de mettre en place des stratégies pour faire baisser ses factures énergétiques d’entreprise. A ce titre, il existe plusieurs actions efficaces.

Changer d’offres d’électricité

Le prix de l’électricité est souvent le nerf de la guerre. Opter pour une offre moins chère fait mécaniquement baisser votre facture d’électricité.

Mais, comment trouver le meilleur fournisseur pour son entreprise ? Le mieux reste de faire appel à un comparateur d’énergie. Il s’agit d’un outil mis en place par des courtiers en énergie comme Opéra Energie. Grâce à vos données de consommation, il mettra en balance les différents contrats adaptés à votre profil et réalisera une simulation de facture. Vous pourrez déterminer l’offre d’électricité la moins chère et la plus adaptée à vos besoins.

En tant qu’expert, le courtier pourra vous aider également :

  • à déterminer la puissance de compteur la plus adaptée. En cas de puissance trop faible, vous risquez de faire face à des disjonctions ou des surfacturations liées à des dépassements de puissance. Si la puissance est trop importante, l’abonnement sera plus cher inutilement ;
  • à choisir l’option tarifaire la plus intéressante (base, heures pleines /heures creuses, horosaisonnalité, etc.) ;
  • à négocier des services et prestations complémentaires à la fourniture (suivi conso, conseil sur les économies d’énergie, etc.).

Entamer des travaux de rénovation thermique

Réaliser des travaux de rénovation thermique et d’isolation permet de limiter les déperditions d’énergie. Il peut s’agir d’installer des doubles vitrages dans vos locaux, de remplacer la chaudière par un modèle plus performant, d’isoler les murs, etc. A la clé ? Un confort thermique de meilleure qualité et des factures d’électricité réduites.

Toutefois, le prix des travaux à tendance à freiner les consommateurs. C’est là qu’intervient le dispositif des Certificats d’Economies d’Energie (CEE). Mis en place suite au protocole de Kyoto, il vise à obliger les fournisseurs et vendeurs de carburants à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre. Notamment, pour ce faire, ils peuvent financer des travaux de rénovation énergétique chez les professionnels et les particuliers.

On en entend souvent parler comme « Prime Energie« . Octroyées par les fournisseurs, elles permettent de prendre en charge en partie ou en totalité des travaux visant à faire diminuer la consommation de l’entreprise. La liste des travaux éligibles ainsi que les objectifs de réduction de consommation sont définis par des fiches standardisées sur le site du Ministère de la Transition Ecologique.

Bon à savoir

En fonction des opérateurs, les primes peuvent être plus ou moins intéressantes. Vous n’êtes pas obligé de vous tourner vers la prime énergie de votre fournisseur. Ainsi, un client d’EDF peut se tourner vers la Prime Energie Leclerc ou Engie, par exemple. Il n’a pas d’obligation à choisir la prime énergie EDF. Pour comparer les montants des primes CEE, n’hésitez pas à appeler gratuitement les conseillers d’Opéra Energie au 04 84 31 02 26.

Mettre en place des éco-gestes en entreprise

En parallèle des travaux, vous pouvez aussi faire des économies d’énergie au bureau en prenant quelques bonnes habitudes.

Par exemple, en éteignant bien les lumières et en privilégiant la lumière du jour, il est possible de faire baisser sa consommation d’éclairage. Selon l’Ademe, l’optimisation de l’éclairage « peut entraîner jusqu’à 70% de dépenses en moins sur ce poste ».

De la même manière en éteignant les appareils en veille, il est possible d’effectuer 11% d’électricité économisée. Il s’agit de petits gestes simples qui peuvent faire toute la différence.

Optimiser les taxes sur l’énergie et les coûts d’acheminement

Enfin, il est possible d’optimiser fiscalement sa facture d’électricité. En effet, parfois, les entreprises peuvent disposer d’exonérations partielles ou totales sur certaines taxes, comme sur la contribution au service public de l’électricité (CSPE), par exemple. C’est très pratique quand on sait que la CSPE coûte 22,5 €/MWh.

Cela vaut aussi pour les tarifs d’acheminement. Certains structures peuvent bénéficier d’un abattement du TURPE.

Pour savoir comment optimiser votre facture, pensez à contacter Opéra Energie. Vous bénéficierez d’un accompagnement gratuit sur ces questions.